Les Echos

En plein campagne électorale, la Fédération Hospitalière de France publie ses propositions de réforme.

La Fédération hospitalière de France (FHF) « a décidé de mettre les pieds dans le plat », selon son délégué général, Gérard Vincent. C’est aujourd’hui le seul moyen qu’elle ait trouvé pour faire entendre sa voix dans le contexte électoral de la France. Elle a ainsi présenté mercredi 11 janvier sa plateforme qui sera envoyée à chaque candidat et qui regroupe un certain nombre de propositions en vue de réformes. Les Echos en ont relevées trois que nous reprenons ici.

Comme on peut s’y attendre, les propositions les plus audacieuses concernent les relations, toujours sensibles, avec la médecine libérale.

Organisation par les hôpitaux des soins libéraux dans les déserts médicaux

La première proposition notable est une réponse aux alertes de plus en plus nombreuses sur l'apparition de déserts médicaux (cf. les Français vus par leurs généralistes). La FHF suggère donc « qu'en cas de carence constatée » les hôpitaux soient « autorisés à organiser au sein du territoire le maintien d'une offre de soins ambulatoires. » Concrètement, cela revient à proposer que la fonction hospitalière prenne à sa charge les missions que les médecins libéraux ne remplissent plus. Cette proposition n’est pas désintéressée puisque le premier bénéfice visé est la réduction des encombrements dans les services d’urgence par la mise en place de permanences de soin (médecine de garde).

Comment mettre en place ces nouvelles missions ? Pas question de pallier aux carences des libéraux dans les murs de l'hôpital ! Cela ne ferait que surcharger les hôpitaux et réduirait à néant tout le bénéfice de la réforme. D’autant plus que les praticiens assurent déjà des consultations de médecine générale dans les hôpitaux de proximité, fait remarquer Gérard Vincent.

Non, la solution serait plutôt du côté des cabinets de ville ou des maisons de santé. « Aujourd’hui, il y a des blocages et le système n'est pas vraiment régulé » regrette le délégué général.

Brider la liberté d'installation des médecins

Autre proposition qui concerne directement la médecine libérale et les cliniques privées, l’encadrement de la liberté d’installation des libéraux. « Les médecins qui décident de s'installer en zone excédentaire ne pourront bénéficier, au mieux, que d'un conventionnement (de l'assurance-maladie) en secteur 1 ». Autrement dit, les médecins qui s’installeraient dans des zones où la population médicale est déjà abondante seraient obligés de respecter les tarifs de la Sécurité sociale. De même, les cliniques privées ne pourraient bénéficier de financements de l'assurance-maladie qu’à condition d’assumer directement des missions de service public (urgences, enseignement, etc.).

Réforme du mode de financement

Enfin, la FHF ne pouvait pas faire l’économie d’une proposition de réforme du financement des hôpitaux. Frédéric Valletoux, président de la FHF, la juge prioritaire.

Actuellement, près de 80% des budgets hospitaliers sont assurés par la tarification à l’activité (T2A) en fonction du volume d’actes réalisés. Le reste est distribué en fonction des missions de service public assumées par les établissements.

Aujourd’hui, ce mode de financement est dénoncé par la FHF (qui l’avait pourtant défendu en 2003)  car il serait « inflationniste ». La T2A inciterait à multiplier les actes pas toujours pertinents et ne serait « plus adaptée aux exigences de santé publique : prise en charge des malades chroniques, des précaires, des personnes dépendantes, etc. ». La FHF exige donc une hausse massive de la part des financements alloués en dehors de la tarification à l’activité.

 

Source : Les Echos