Repos dominical

L'extension du travail du dimanche, tel qu'elle fonctionne actuellement, a péniblement abouti en août 2009, après une longue et houleuse bataille parlementaire, sur la base d'un compromis arbitré entre l’Elysée, Matignon, le groupe parlementaire UMP et une soixantaine de députés opposés.

Le "principe" du repos dominical est préservé, mais les situations existantes sont légalisées. Dans des zones spéciales, les maires sont autorisés à ouvrir huit dimanches par an contre cinq aujourd'hui. C'est ainsi que les lois "d'exception" fonctionnent en France : le principe est protégé, mais l'infraction - exceptionnelle - au principe est légalisée.

Pour autant, le problème reste entier. Personne ne veut de cette loi, y compris de  nombreux dirigeants d'entreprise. Des citoyens ne cessent de protester auprès de leurs élus. Ici et là, des salariés manifestent, refusant l'instauration du travail dominical dans leur entreprise. Le refus de faire ses achats de confort le dimanche va-t-il devenir une attitude éthiquement responsable ?

Durant l'été 2013, le débat rebondit. Quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin ouvrent leurs portes en Ile-de-France, malgré l'interdiction de travail dominical imposée par le tribunal de commerce. Au sein du gouvernement socialiste, les positions divergent : la logique ultra-libérale s'affronte à la culture sociale et syndicale de certains responsables socialistes.

En décembre 2014, le ministre Emmanuel Macron pousse la logique d'une extension du travail dominical, sous la forme d'un élargissement des "dérogations", vidant de son sens le principe de l'interdiction.

La gauche, représentée par l'ancien ministre du Travail Martine Aubry, la "Dame des 35 heures", résistera-t-elle au nom de ses "valeurs" ? La droite qui défend la liberté religieuse et la primauté du politique sur l'économique, parviendra-t-elle à se faire entendre ? 

 

La Fondation de Service politique est membre de l'European Sunday Alliance

Bibliographie

Mise à jour juin 2010 (cliquer sur le lien)