Cet été, www.libertepolitique.com initie avec Henri Hude une réflexion sur le sens du décideur, ses caractéristiques, ses principes et ses fondamentaux. Avec le philosophe, nous commentons chaque semaine un fait d’actualité ou nous nous livrons à une réflexion qu’inspire son livre, à lire impérativement pour comprendre les enjeux réels de l’idéologie contemporaine et les problèmes qui se posent aujourd’hui à notre société.

Dans ce sixième épisode, le philosophe, après avoir énoncé les fondements de la crise et ses conséquences sociétales, s’interroge sur les moyens d’en sortir. Le constat de crise aujourd’hui n’a pas de valeur en lui-même s’il n’est pas suivi d’une réflexion en vue de l’action. Henri Hude ne dénonce pas seulement une idéologie contemporaine qui gangrène le politique mais cherche les moyens d’en sortir. C’est tout l’objet de son dernier ouvrage : Préparer l’avenir, une nouvelle philosophie du décideur (Economica).

La philosophie en vue de l’action 

Avec cette démarche, Henri Hude s’inscrit dans la grande tradition des philosophes pour qui la réflexion n’est pas que pure spéculation. Il écrit dans son ouvrage : « Pour guérir il faut connaître. Il faut savoir ce qu’il en est vraiment de ce mal ; et, comme le mal est la privation du bien, il faut se demander quel est vraiment ce bien. Ce bien qui touche aux principes. Ce bien qui est principe. Ce principe qui est le bien. Acculés, l’individu et la société cherchent donc la vérité du bien. Philosopher, c’est d’abord cela : chercher la vérité du bien, pour guérir. Et quand on a guéri, souvent, on oublie le médecin… En tout cas, c’est ainsi que naissent la philosophie politique, la philosophie des sciences et celle de la nature, l’éthique et l’anthropologie philosophique, et la métaphysique, recherche du Bien comme Absolu. Voilà pourquoi la philosophie est une médecine de l’âme et des sociétés. […] La philosophie est pratique comme la médecine. »

Les maux de la société

Le philosophe n’hésite pas à s’engager, avec mesure, sur des questions plus concrètes. Par exemple, aujourd’hui, la France et d’autres pays d’Europe, mais également l’Europe entière face au monde extérieur, accusent un grave déficit de compétitivité.

Pour redevenir compétitive, la France n’a que deux solutions explique Henri Hude.

La première consisterait à baisser de 30% le prix total du travail (y compris la couverture sociale). Un sacrifice auquel n’est certainement pas prêt le gouvernement et encore moins une population habituée à un certain confort et pouvoir d’achat. Le risque d’une telle mesure n’est rien moins que la révolution sociale.

L’autre solution serait la dévalution. Mais elle signifierait la fin des traités européens tels qu’ils sont. La politique actuelle en matière de finance risque de polariser les aspirations révolutionnaires et à terme de faire sauter l’Europe rendant à l’avenir toute entente entre les Etats impossible sur ce plan.

La responsabilité de la classe des décideurs politiques est grande dans ce domaine et il est à craindre qu’ils ne prennent pas les bonnes décisions, par démagogie. C’est pourquoi les politiques sont en train de perdre leur légitimité avec leur crédibilité (lien autre vidéo), explique-t-il encore.

Cette analyse conduit le philosophe à prévoir de vastes changements économiques et politiques à court ou moyen terme. Pour que ces changements ne soient pas calamiteux, il faut préparer l’avenir par un grand effort de réforme intellectuelle et morale.

Henri Hude appelle de ses vœux ou une réforme morale de la classe politique, ou l’émergence d’une nouvelle classe politique qui sera en mesure de prendre à bras le corps ces problèmes et fera enfin preuve d’imagination pour inventer les solutions à venir. Un but auquel son livre, Préparer l’avenir, une nouvelle philosophie des décideurs doit participer.

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