L’Education nationale est un gros morceau. Le constat d’échec est partagé par tous. Vincent Peillon, nouvellement nommé ministre de l’Education nationale comme beaucoup s’y attendaient, n’a pas perdu de temps et annonce déjà ses premières réformes.

L’heure n’est pas aux congratulations pour le conseiller de François Hollande sur l’éducation durant sa campagne. Avant même d’être nommé ministre, Vincent Peillon annonçait des mesures à mettre en œuvre dès la rentrée scolaire. Selon lui, il faut « faire un effort pour la rentrée, sinon elle va mal se passer ».

Former les professeurs 

Premier point, la formation des professeurs. Il avait annoncé à plusieurs médias en début de semaine que le nouveau gouvernement de François Hollande s’appuierait sur les IUFM et mettrait en place un « contrat de génération » pour former les 1000 enseignants supplémentaires attendus dans le primaire.

Sur le plateau de Canal +,  il déclarait dimanche 13 mai : « Nous allons nous appuyer sur les IUFM qui existent, mobiliser l’Education nationale, les professeurs les plus expérimentés dans une forme de contrat de génération, dans une forme de solidarité, pour aider les jeunes collègues à bien faire leur travail ».

Se dessinaient déjà les premiers traits d’une politique qu’il allait définir davantage après sa nomination : priorité à l’école primaire ! 

Refonder l’école en commençant par le primaire 

« Ce n’est pas une réforme que l’on veut faire, c’est une refondation de l’école de la République » expliquait-il. Logique donc que le nouveau ministre s’attaque pour commencer à la base. A travers le primaire, c’est l’acquisition des fondamentaux en mathématiques et en français qui est bien entendu visée.

L’intention est belle et bonne, mais attention cependant à la manière dont elle sera conduite. La première réforme annoncée depuis le mercredi 16 mai est le retour à la semaine de cinq jours pour la rentrée 2013.

Autre annonce récente, Vincent Peillon a déclaré ne pas vouloir tenir compte de l’évaluation nationale des élèves de CM2 prévue par le précédent gouvernement. Le ministre à déclaré au Monde avant sa nomination vouloir suspendre la remontée des résultats critiquant leur pouvoir réel d’évaluation. « Nous remettons en cause ces évaluations, parce qu'elles mélangent tout. On a voulu en faire un moyen de connaître le niveau des élèves et un outil de pilotage du système, a-t-il déclaré. Pour avoir des outils de pilotage, il faut travailler par sondage à partir d'évaluations réalisées par la Direction de l'évaluation, dont c'est le métier »

Pour une refondation de l’école, s’entendre sur la mission réelle.

Reste à savoir si ce ministre qui s’est déjà retroussé les manches et ne manque pas d’idées pour refonder l’école de la République selon ses propres termes, sera en mesure de redonner le goût de l’enseignement. A la question posée, Vincent Peillon répond que cela se fera : « en ne méprisant pas les professeurs, en disant à l’ensemble de la nation le respect qu’on doit apporter à ceux qui sont là pour élever nos enfants, transmettre le savoir, éclairer la connaissance…en redéfinissant bien sûr leurs tâches, mais pas contre eux, pas sans eux, pas sans l’ensemble de la nation ».

Mais il n’est nullement certain que le nouveau ministre réussisse. Pour lui, les « enseignants » ce sont les syndicats censés les représenter. Or, les enseignants, les vrais, sont loin d’être en désaccord avec toutes les réformes réalisées durant le quinquennat précédent.

Par exemple, un très grands nombre de professeurs et de chefs d’établissement seront opposés à la réforme du C.L.A.I.R (pour Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite) sur l’autonomie des établissements. Celle-ci donne la possibilité aux chefs d’établissement de recruter eux-mêmes leurs enseignants. Testé depuis la rentrée 2010 dans plus d’une centaine d’établissements les résultats s’avèrent très positifs. Il n’est pas certain que les chefs d’établissement y renoncent facilement. A suivre…