Vingt-six ans après Tchernobyl, l’Ukraine commémore le drame nucléaire avec « un dépôt de gerbes à la mémoire des milliers victimes de l’explosion à la centrale » et « par le lancement officiel de l’assemblage du nouveau sarcophage du réacteur numéro quatre, dont l’explosion en 1986 a provoqué la pire catastrophe nucléaire de l’Histoire » nous rapporte Ouest France.

L’explosion à la centrale avait contaminé une bonne partie de l’Europe, mais surtout l’Ukraine, la Russie et le Bélarus, soit 150 000 km2 de territoires contaminés au césium ; 2,4 millions d’Ukrainiens, en ont été victimes et souffrent de problèmes de santé liés à la catastrophe, selon les chiffres du ministère ukrainien de la Santé.

Les Ukrainiens sont toujours très affectés. La douleur est là. Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a, dans un communiqué, assuré la population que « nous nous soucions constamment de la sécurité du quatrième réacteur, détruit par l’explosion ». « Le nouveau sarcophage -qui aura coûté 1,5 milliards d’euros- est destiné à réduire la menace de radioactivité sur le site » explique le journal Ouest France. Notons d’ailleurs que les travaux sont effectués par le consortium Novarka, formé des sociétés françaises Bouygues et Vinci qui ont remporté l’appel d’offres.

L’explosion vue de France

A l’époque, le président français François Mitterrand avait soulagé les Français en leur disant que le nuage nucléaire de Tchernobyl n’avait pas passé la frontière. Vingt-six ans après, en France, une centaine d’actions commémoratives et d’indignation se sont déroulées entre jeudi et dimanche. Hier, mercredi 2 mai, jour du débat présidentiel, les centrales du Bugey et de Civaux ont même été investies : la première par un militant de Greenpeace arrivé à bord d'un paramoteur dans le but de démontrer les failles sécuritaires du nucléaire français. Et la seconde par le "poète-escaladeur" Hervé Couasnon, connu pour avoir approché de près en 2002 l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à la tribune de l'Assemblée nationale. Le but de ce dernier est de demander aux "candidats qu'ils tiennent leurs promesses (...) car les Français en ont marre de la société dans laquelle ils vivent".

Pour le directeur de la centrale du Bugey, Alain Litaudon, "Greenpeace n'a rien démontré" en termes de failles mais, au contraire, montré que le "dispositif de protection est efficace". Le sous-préfet de l'Ain, Emmanuel Dupuis, estime que cet épisode "a montré une excellente réactivité des services, et une parfaite coordination entre l'exploitant, EDF, et les forces de gendarmerie". Idem pour le ministère de l'industrie. Quant à Noël Mamère, le député-maire de Bègles, il rappelle que lors des stress tests effectués en 2011 sur les centrales nucléaires "une attaque terroriste n'a jamais été envisagée, notamment avec un avion"

Le nucléaire a bien été évoqué lors du débat présidentiel d’entre deux tour. Le candidat socialiste, François Hollande, a répété que l'accord avec EELV ne l'engage pas et qu’il ne fermerait que la centrale Fessenhein en France alors qu’il dit souhaiter une diminution d’un tiers de la part du nucléaire dans la production électrique française pour qu'elle soit abaissée à 50 % en 2025, contre 75 % aujourd'hui. Nicolas Sarkozy de son côté souhaite maintenir la part du nucléaire dans la production électrique et mettre en avant l'"indépendance énergétique de la France".  «Nous n'avons pas de pétrole, nous n'avons pas de gaz, nous avons le nucléaire», a-t-il plaidé.

 

Sources : Ouest-France, Le Monde, 20 Minutes