La Présidence de la République a informé toutes les rédactions par communiqué de la « visite privée » à Paris du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani. 

Ce passage dans notre capitale fut l’occasion pour l’émissaire qatari d’une rencontre avec François Hollande durant laquelle les deux hommes politiques, selon les mots du communiqué, « ont évoqué la situation en Syrie et envisagé les prochaines initiatives au sein du groupe des amis du peuple syrien » ainsi que « la coopération économique bilatérale entre les deux pays » affirmant « la  volonté  commune de renforcer le partenariat existant ».

Les deux sujets ne sont pas innocents et la position à peine voilée du Qatar transparait à travers ce compte rendu. La principauté pétrolière assure la France de son plein soutien financier et commercial en échange d’une politique de non ingérence dans les affaires syriennes. Ce que le communiqué ne dit pas, c’est quelle sera la ligne de conduite qu’adoptera notre Président face à ces démonstrations de pouvoir et ce chantage financier. Les positions de notre gouvernement jusqu’alors explicitement anti-Assad conjugués à la situation actuelle de notre pays et son besoin d’investisseurs étrangers laissent cependant craindre un accord consensuel.