On avait bien eu la puce à l'oreille : le quotidien L'Equipe trouvait bizarre cet organisme inter-gouvernemental, pourtant répertorié par l'ONU, qui, tout à coup, investissait de si bon cœur dans ce club de rugby, membre du Top 14, le Stade Français. Mais, nous le savions, Bernard Laporte, ancien entraîneur dudit club, ancien secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux sports, était connu pour se faufiler tout aussi bien dans la basse et la haute finance que dans l'ovalie. Et il avait déniché au Canada son sauveur.

C'est un tout autre sauveur , le vrai, celui-là, diront les chrétiens, qu'invoque explicitement le non moins catholique Max Guazzini : Bernard Laporte s'est fait escroquer d'une belle somme  et a été victime de faux papiers. Plainte est déposée. Le Stade Français recherche dare-dare de nouveaux investisseurs. Le co-patron du Stade, donc, convoque en urgence ses équipes pour des nuits de prières à la basilique de Montmartre ; il fréquente de plus la paroisse du club et du stade Jean Bouin, Sainte Jeanne de Chantal (dont le cardinal Lustiger avait été jadis curé).

Il y avait quelque chose de fort touchant à entendre Max Guazini mercredi matin sur Radio Notre-Dame n'occulter en aucune manière une foi à laquelle l'auditeur sensible sent qu'il se rattache avec la plus parfaite profondeur. Quelque chose de touchant disions-nous, mais, surtout, de rassurant, et d'apaisant. Car n'est-ce pas, en effet, réconfortant que de pouvoir se dire que ces milieux tout à la fois festifs, affairistes et sportifs connaissent en leur sein, si ce n'est certes des saints, pour le moins des personnes illustrant la fameuse sentence : là où le péché abonde, la grâce surabonde ?

 

 

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