Un sondage réalisé par Ipsos et Logica Business Consulting intitulé « Présidoscopie 2012 » fait le point sur la progression inattendue de François Bayrou entre début décembre 2011 et la mi-janvier 2012.

Si ce mois-ci les positions des deux favoris (François Hollande et Nicolas Sarkozy) semblent relativement stables, ce début d’année a vu un phénomène inattendu se développer : la résurrection de François Bayrou. Le candidat centriste a en effet décolé, gagnant 7 points dans ce sondage entre début décembre et mi-janvier pour arriver à 14% d’intentions de vote.

Transferts d’intentions de vote

Cette progression ne vient pas de nulle part. Sur ces 7 points de progression, 5,5 proviennent d’électeurs préalablement acquis à d’autres candidats. C’est ainsi que François Bayrou a raflé 2,5 points à François Hollande, 1,5 point à Nicolas Sarkozy, 0,5 point à Eva Joly et 1 point à tous les autres candidats réunis.

Ce rassemblement un peu hétéroclyte démontre que François Bayrou a su acquérir une véritable posture  centriste.

Les ressorts de cette progression

Le sondage « Présidoscopie 2012 » permet non seulement de mesurer la progression de François Bayrou et la provenance des électeurs « changeurs » mais elle donne aussi un aperçu de l’opinion que les Français se font du candidat. Ce que les sondeurs appellent les « traits d’image » et qui permet en partie d’expliquer sa progression rapide.

Ainsi, sur la période étudiée, le candidat centriste a gagné 9 points de « bonne opinion générale » pour se hisser à 56%. De même, il est jugé davantage « sincère » (+ 5 points, à 61 %), « compétent » (+ 6 points, à 51 %), capable de « comprendre les problèmes des gens comme vous » (+ 6 points, à 51 %), à même de « tenir ses engagements » (+ 8 points, à 44 %), « dynamique » (+ 6 points, à 42 %), et conforte sa « stature présidentielle » (+ 7 points, à 40 %).

Ces résultats démontrent également la tendance annoncée pour ces élections. La stature morale de leurs représentants importe de plus en plus aux Français.

Une progression à ne pas surestimer

Attention cependant à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ces résultats sont à manier avec précaution car s’ils démontrent clairement que François Bayrou est remonté de manière importante dans l’opinion des Français, ces intentions de vote ne lui sont pas définitivement acquises. 77% des électeurs s’étant déclarés en sa faveur se disent par ailleurs incertains de leur choix.

Pour cet homme du sud ouest, comme au Rugby, l’essai reste à confirmer. En 2007, cela n’avait pas été le cas.