Nommé mardi à la tête du premier gouvernement de François Hollande, le maire de Nantes et patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, est un ancien professeur d’allemand qui aurait la réputation de germanophile convaincu. Il considérerait notamment que l’axe Paris-Berlin est fondamental pour faire progresser l’Union européenne et on a pu lire récemment sur son blog : « La relation franco-allemande ne peut fonctionner sans une certaine intimité. Elle a besoin de constance et de stabilité ». Et encore : « Il n'y a pas d'autre alternative pour entraîner l'ensemble des Etats membres ».

Son tout nouveau Premier ministre sera donc un atout de poids pour François Hollande dans sa relation (jusqu’à aujourd’hui tendue) avec Berlin. D’un côté en effet se trouve la Chancelière allemande qui défend le pacte de stabilité budgétaire contre un nouveau Président français qui a mené toute sa campagne sur le thème d’une opposition (pas si évidente) entre austérité et croissance. François Hollande veut donc privilégier la croissance même si cela doit aller à l’encontre de l’austérité. C’est principalement ce point qui oppose aujourd’hui Berlin et Paris. Une question de priorité finalement.

Espérons donc que notre nouveau Premier ministre saura diplomatiquement amener la France qu’il sert et l’Allemagne qu’il a la réputation d’aimer sur un terrain d’entente.