Un enfant élevé par deux hommes ou deux femmes qui s’aiment bénéficiera-t-il de la même stabilité qu’un enfant issu d’un couple hétérosexuel ? Cette question n’est pas nouvelle. Elle est même en grande partie à l’origine du débat sur la législation en faveur de l’homoparentalité qui prend en compte le droit des couples à posséder un enfant au lieu du bien de l’enfant
Depuis longtemps les lobbys gays ont remporté la bataille des statistiques. Il semblait entendu que les études psychiatriques ne révélaient aucune différence entre un enfant éduqué par un couple homosexuel et un enfant élevé par un couple hétérosexuel. L’une des études souvent citée est celle de l’American Psychological Association (APA) datant de 2005 qui concluait « Aucune étude n’a conclu que les enfants de parents gay ou lesbiens étaient désavantagés de quelque façon que ce soit par rapport aux enfants de parents hétérosexuels ».
Cet avis scientifique fait office aujourd’hui de ligne officielle et s’exporte à l’international. C’est ainsi que des études similaires de l’APA ont été citées devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans l’affaire E.B. c. France afin d’établir qu’il n’existait aucune preuve scientifique justifiant un « traitement différencié des couples homosexuels qui souhaitent adopter, parce que [d’après les connaissances de FIDH, ILGA Europe, BAAF et APGL, lobbys gays et lesbiens européens] toutes les études scientifiques réputées ont prouvé que les enfants de parents gay ou lesbiens n’étaient pas plus susceptibles de souffrir de problèmes émotionnels ou d’autre types, que les enfants de parents hétérosexuels. »[1]
Les statistiques et les sciences seraient du côté des couples homosexuels. Cela rend d’autant plus intéressant l’étude récemment publiée dans Social Science Research du Professeur Mark Regnerus, de l’Université de Texas. Cette dernière va radicalement à contre courant de la pensée dominante du milieu et conclue que les enfants adultes de parents homosexuels et lesbiens subissent les conséquences économiques et émotionnelles de manière bien plus négative que les enfants élevés dans des familles biologiques intactes.
« La prétention empirique, selon laquelle il n’existerait aucune différence importante, [entre parentalité homosexuelle et hétérosexuelle] doit disparaître », déclarait le scientifique. Son étude – qui s’appuie sur l’examen de quelques 3000 adultes provenant de huit structures familiales différentes, ainsi que sur l’évaluation de 40 critères sociaux et émotionnels – conclut en effet que les enfants ayant grandi dans des familles biologiques intactes sont en général mieux éduqués, sont en meilleure santé mentale et physique, touchent moins à la drogue, s’engagent moins dans des activités criminelles, et s’affirment plus souvent heureux que les autres.
Contrairement aux précédentes études publiées et très largement relayées par les médias selon lesquelles les enfants grandissent aussi bien, voire mieux, avec des mères lesbiennes, celle du Professeur Regnerus montre les effets négatifs de ce type de parentalité sur 25 des 40 critères sélectionnés pour ses recherches. Son étude démontrerait notamment que ces enfants :
- sont plus souvent victimes d’abus sexuels (23% des enfants de mères lesbiennes étaient victimes d’abus par un parent ou un adulte, contre 2% chez les enfants issus de couples mariés),
- ont une moins bonne santé physique,
- sont plus souvent victimes de dépression,
- font plus fréquemment usage de marijuana,
- et sont plus souvent sans emploi (69% des enfants issus de familles homoparentales lesbiennes dépendent des prestations sociales, pour 17% de ceux issus de couples mariés).
Comment expliquer de telles différences dans les résultats ? Elles tiennent au manque de sérieux des premières études conduites par des militants ou des militantes de la causes gays et lesbiennes. Les études de l’APA sont de plus en plus décrédibilisées par les travaux les plus récents comme l’a démontré Loren Marks, professeur associée à la Louisiana State University, qui a prouvé que les premières se fondaient sur un nombre de données limitées (des échantillons d’à peine quelques dizaines de couples) et se focalisaient sur les rôles et les identités sexuelles. Ces études négligeraient l’examen des performances éducatives des parents sur les enfants, de leur taux d’emploi, et des risques auxquels ils sont exposés concernant la drogue, la criminalité, ou le suicide.
Par exemple, les études antérieures à celle du Professeur Regnerus comparaient les enfants de parents homosexuels aux enfants de familles recomposées ou de parents seuls. Autre différence de méthodologie de taille : le professeur ne s’appuie que sur des informations provenant des enfants eux-mêmes et non sur celles données par leurs parents.
Par conséquent, il semblerait qu’après avoir été l’un des arguments clés de la bataille pour la reconnaissance de l’homoparentalité, les statistique et les études scientifiques ont tendance à réaffirmer ce que le bon sens n’a jusqu’à aujourd’hui pas perdu de vue, à savoir que l’altérité sexuelle est une des composantes essentielles d’un sain épanouissement des enfants. A l’heure où le gouvernement Ayrault prépare des projets de loi sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels et tandis que les pressions sont de plus en plus grandes pour définir la parentalité sans aucune référence à l’altérité sexuelle, ce nouvel argument est bienvenu.
Antoine Besson
Source : C-FAM
[1] mémoires des « amis de la cour » dans l’affaires E.B. c. France devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme sur le droit des couples homosexuels à l’adoption
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Les conclusions de l'étude de Mr Regnerus ont fortement été remises en question. Ses résultats chiffrés sont tout à fait valides mais leur interprétation "famille homoparentale = effet négatif sur l'enfant" est fausse dans la mesure où l'étude ne se base pas sur des enfants de familles homoparentales mais sur des enfants dont l'un des parents a eu une relation homosexuelle. Regnerus lui-même reconnait que son étude ne prouve pas l'effet négatif de l'homoparentalité. Les problèmes d'interprétation de cette étude sont très bien expliqués ici http://www.slate.fr/story/58367/homoparentalite-stabilite-debat et avec un recul et une objectivité très appréciable dans ce débat.
Quant au "bon sens", votre bon sens n'est pas le même que le mien ou que les 56% de la population qui sont favorables à l'adoption par des couples homosexuels...