[Ichtus] — Dans les pays où l’homoparentalité est légale, les tribunaux sont conduits à démêler des conflits de filiation de plus en plus complexes. La multiplication des situations revêt des allures dramatiques, en particulier pour les enfants nés par gestation pour autrui ou PMA.

 

Royaume-Uni. Les lesbiennes et la femme du donneur
 Deux lesbiennes trop âgées pour que leur procédure d’adoption aboutissent contournent le problème en faisant accoucher une mère porteuse sous leur nom. La femme du donneur, bouleversée par le don de son mari, tente de récupérer la petite fille, en vain : le tribunal concède le nourrisson au couple lesbien.

Canada. À qui appartiennent les paillettes de sperme ?
 Deux lesbiennes se séparent, après avoir chacune porté un enfant d’un même donneur. Elles se disputent le sort des paillettes de sperme congelé : l’une veut les détruire, l’autre les conserver. Considérées par le juge comme « bien matrimonial », ces paillettes sont partagées entre les deux ex-compagnes.

Belgique. La petite Donna vendue aux enchères
 Après avoir successivement promis Donna, l’embryon qu’elle portait, à deux couples différents (dont un couple gay), une mère porteuse vend la petite fille à un couple néerlandais pour 15.000 €. Après sept ans de batailles juridiques, la justice belge condamne les six « parents » candidats pour « mauvais traitements ». La fillette ne connaîtra jamais son père naturel.

Texas. Un gay fait de son ex-compagne une mère porteuse
 Révélant son homosexualité lors de la naissance de ses jumeaux, Marvin considère son ex-compagne comme une mère porteuse au prétexte qu’elle n’est pas la mère biologique des enfants (un don d’ovule fut nécessaire). Il réclame leur garde exclusive au sein de son nouveau couple. Les enfants sont confiés provisoirement au couple gay en attendant la décision du tribunal... une décision qui pourrait les priver de mère.

Australie. La lesbienne séparée remplace le donneur gay
 Un couple lesbien donne naissance à une fillette grâce à un donneur gay... mais finit par se séparer. Chacune des deux femmes réclame les mêmes droits parentaux. Le juge décide de remplacer le nom du père biologique sur l’acte de naissance par celui de l’ex-compagne de la mère. Dix ans après la naissance de sa fille, le donneur apprend qu’il « n’est plus » son père.

Royaume-Uni. Le donneur gay qui ne voulait pas être père et celui qui voulait
 Mark, donneur gay, pensait que son rôle se bornait à « fournir le matériel nécessaire » à un couple de lesbiennes pour qu’elles puissent enfanter. Quand le couple éclate, la mère biologique, en difficulté financière, lui réclame... une pension alimentaire ! Cet autre donneur gay, lui, payait les factures : il engage une bataille juridique dans le but de voir les deux enfants qui, grâce à lui, sont nés au sein d’un couple lesbien. Au grand dam des deux femmes, le juge accorde la garde alternée en déplorant le choc psychologique qui marquera les enfants.

[D’après le Figaro du 12 novembre 2012]

 

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