Dans un document récent intitulé « Une communauté européenne de solidarité et de responsabilité », les évêques de la COMECE affirment qu’une économie sociale de marché [1] peut être hautement compétitive. Grande liberté de marché et principe de solidarité liés à des mécanismes d’équité sociale ne sont pas incompatibles.

Dans une économie sociale de marché qui peut devenir un modèle véritablement européen, ayant en son cœur l’importance du don [2], tout ne peut pas être mesuré à l’aune du profit. Les évêques appellent à une consommation responsable : ce sont en effet les  consommateurs qui par leurs habitudes déterminent la vie économique.

Particulièrement remarquable, au troisième chapitre consacré à l’économie de marché et la concurrence, le paragraphe concernant le dimanche et les jours chômés :

«  Nous devons aujourd’hui nous prémunir contre l’intrusion et la domination du marché et de sa logique interne dans tous les domaines de la vie. Il y a des besoins communs et  qualitatifs qui ne peuvent pas être satisfaits par le marché, surtout dans les familles. Les autorités publiques ont, par conséquent, le devoir de garantir des temps et des espaces de vie dans lesquels le marché est absent et où les hommes pourront combler ces besoins [3]. Ainsi, l’activité du marché est restreinte, à juste titre, les jours fériés légaux et les dimanches, car ces jours-là, des raisons nationales, culturelles et religieuses font que le repos et la commémoration prennent le pas sur les activités de la vie économique. Ces mêmes raisons ont pour conséquence de réduire, voire d’interdire, les activités économiques dans certains espaces et places publiques ainsi que dans les médias, par exemple : l’interdiction de la publicité lors de la transmission des services religieux. »

Le respect des jours chômés, en particulier du dimanche fondement culturel de cette économie sociale de marché, relève de la justice : ils doivent être attribués à chacun comme lui revenant de droit. H.B.

 

Hélène Bodenez dirige le dossier Oui au repos dominical ! pour l’AFSP, membre de l’European Sunday Alliance depuis le 21 juin 2011.

 

[1] Terme introduit par le Traité de Lisbonne dans le Traité sur l’Union Européenne. 

[2] Cf. Chapitre 2, « Agir gratuitement pour d’autres dans l’économie sociale de marché. »

[3] Cf. Benoît XVI, Lett. Enc. Caritas in véritate (29 juin 2009), n. 36.