Dans le cadre de l’année « Ethique et solidarité », la Fondation de Service politique a assisté jeudi 14 juin aux deux tables-rondes co-organisées par le Collège des Bernardins et les Semaines Sociales de France : « Ethique, solidarité et Europe » & « Ethique, fraternité et démocratie ».

« Ethique, solidarité et Europe »

Autour de la première table-ronde animée par Jérôme Vignon, président des Semaines Sociales de France : Pierre Manent, philosophe, professeur à l’EHESS et au Centre de Recherche Politique Raymond Aron ; Philippe Herzog, ancien député européen, président de l’association Confrontations Europe  et comme témoin François Soulage, président du Secours catholique,

Ensemble, ils ont débattus du meilleur point d’ancrage pour une vie démocratique de qualité : nation ou Europe ? Trois points essentiels ont été relevés : l’anthropologie portée par la démocratie elle-même, l’importance du bien de la planète et la nécessité de la fraternité devant la globalisation.

Philippe Herzog a appelé à la refondation de la construction européenne pour favoriser l’unité. Car la démocratie est un fait social ; le peuple doit être présent. « Il va donc falloir renouveler notre démocratie », nous dit-il, en « refondant le contrat » et en « reformulant nos tâches ». « Faire société en Europe » est un impératif. Ainsi, les Etats doivent se rapprocher. Initialement, cette Europe des solidarités fût créée pour éradiquer les violences intrinsèques aux sociétés humaines. Aujourd’hui, il faut ré-identifier l’espace, le temps. En pleine crise économique, l’Europe doit-elle se fragmenter en plusieurs ensembles ? Faut-il fédérer l’euro-zone pour consolider l’Union économique et monétaire (UEM) ? Ou bien la différencier ? D’ores-et-déjà, elle doit renouveler son modèle social et redéfinir les biens publics. Toutes les considérations citées ci-avant doivent s’intégrer au nouveau projet européen qui transformera le capitalisme pour remettre l’humain au centre de sa politique et redonner vigueur à la devise européenne : « Unis dans la diversité ». Ce nouveau projet, selon Philippe Herzog, devra clarifier sa nature en tenant compte de deux dimensions essentielles : la transcendance et la raison.

François Soulage du Secours catholique conclut en appuyant les propos de ce dernier : « Il y a aujourd’hui un manque de projet social européen, un manque de projet démocratique ». « L’Eglise doit prendre toute sa place dans ce renouvellement ». Dans ce sens, la question du repos dominical constitue un vrai point d’ancrage !

« Ethique, fraternité et démocratie »

La seconde table-ronde était présidée par Antoine Arjakovsky, co-directeur du département de recherche « Société Liberté Paix » du Collège des Bernardins, dont la Fondation de Service politique est partenaire.

 Paul Thibaud, philosophe, ancien directeur de la revue Esprit, Paul Valadier, professeur jésuite au Centre Sèvres, et Guy Aurenche, président de CCFD-Terre Solidaire, ont pu échanger sur la contribution du chrétien à la fraternité en régime démocratique.

Un champ de discussions et d’investigations à poursuivre afin que l’Eglise retrouve toute sa place dans le projet européen.

A.C.