Le maire de Neuilly réagit à la lettre de Vincent Peillon demandant aux recteurs d'académie de surveiller les débats engagés dans les écoles catholiques sur le projet de "mariage pour tous".

 

Monsieur le ministre,
le 14 octobre vous proposiez un débat national sur la légalisation du cannabis, aujourd’hui vous jouez les commissaires du peuple en prenant à partie à l’Enseignement catholique…

Décidément, M. le ministre, je crains que beaucoup de Français ne se retrouvent pas dans votre échelle des valeurs et je doute qu’elle soit de nature à créer les conditions d’un débat serein à la hauteur de vos fonctions.

Votre fébrilité trahit probablement l’inquiétude du gouvernement face au mouvement de colère et d’impatience des Français. Alors que nous attendons des mesures courageuses pour préparer l’avenir, vous mettez votre énergie à provoquer et à diviser.

Votre déclaration à l’enseignement catholique marque un retour de l’intolérance. De quoi avez-vous peur ? La loi Debré de 1959 autorise les écoles privées à rappeler aux élèves la doctrine chrétienne. Vous ne pouvez pas, ni leur contester cette mission, ni remettre en cause le choix des parents en faveur de ces établissements et des valeurs qu’ils portent. Une des missions de l’enseignement chrétien est justement de développer les capacités de discernement des jeunes. C’était, me semble-t-il, le sens de la circulaire que vous dénoncez.

Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est votre référence à l’homophobie et aux suicides. Ne croyez-vous pas plutôt, Monsieur le ministre, que ce qui bouleverse les jeunes c’est l’absence de valeurs, la précarisation de la famille ou la solitude ? Ce sont souvent ces situations qui entrainent la consommation des drogues douces dont vous appelez la dépénalisation et qui font tant de dégâts. Comme vous nous combattons l’homophobie et toutes les formes d’exclusion mais nous sommes convaincus qu’en privant des jeunes d’un père et d’une mère nous dégraderons plus encore les équilibres dont ils ont tant besoin.

La famille est le premier espace d’affection et de solidarité pour nos jeunes, c’est elle que nous défendrons le 13 janvier prochain.

Je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l’expression de ma respectueuse considération.

Jean-Christophe Fromantin,
5 janvier 2013

 

 

En savoir plus : http://www.fromantin.com/

 

 

 

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