Dans une tribune parue le 13 juin dans les pages « Opinions » du Figaro, Jean Costentin, membre des Académies nationales de médecine et de pharmacie, rappelle l’ensemble des arguments médicaux qui font état de la dangerosité du cannabis.
Pour Jean Costentin, ce débat n’est pas une question de positionnement politique – comme a pu le laisser entendre Mme Duflot quand elle a défendu la dépénalisation au nom du positionnement de son parti (EELV) –, mais bien une question de santé publique. Sans doute messieurs Ayrault et Valls ne le contrediront pas, eux qui semblent avoir adopté une ligne similaire au gouvernement Fillon sur cette question.
« La tendresse des Verts pour le végétal feint d’ignorer qu’à côté de substances d’intérêt alimentaire ou thérapeutique, il peut receler des agents toxiques, dont des drogues telles que morphines, cocaïnes, nicotine, tétrahydrocannabinol » écrit ce spécialiste. Certes, il concède qu’à l’origine, le cannabis à été prohibé en 1970 « surtout à partir de suspicions ». Mais depuis, la recherche a fait de telles avancées qu’il n’est plus possible d’ignorer ces « preuves irréfragables ».
« preuves irréfragables »
Il y a tout d’abord une question de cohérence. La France lutte depuis plusieurs années contre le tabac, « première cause de mort évitable, avec 70 000 morts chaque année ». Dans un tel contexte de prévention, la dépénalisation du cannabis serait un signe contradictoire avec la politique en cours et provoquerait « des morts plus nombreuses et encore plus précoces ».
En outre, le cannabis est 7 fois plus cancérogène que le seul tabac. Il cible la gorge, les bronches et les poumons. Il serait aussi incriminé dans une forme de cancer du testicule : le germinome.
Il diminue également les défenses immunitaires provoquant pneumonies et aggravations du sida. La consommation de cannabis est également toxique pour l’appareil cardio-vasculaire. Il provoque artérites, déclenche des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux. En réduisant la sécrétion de testostérone, il réduit également la libido.
Rappelons au passage que la concentration de THC, agent majeur du cannabis, a été accrue au cours de sélections génétiques de ces dernières décennies de 4 à 7.
La consommation de cannabis chez la femme enceinte a aussi des conséquences très préoccupantes. Ces femmes « donnent naissance prématurément à des nourrissons d’un poids plus petit que ne le ferait la seule prématurité ; ils présentent un retard de leur développement psychomoteur, un risque plus grand de mort subite inexpliquée et de développement d’une hyperactivité avec déficit de l’attention » explique encore Jean Costentin.
Impacts sur le cerveau
Tout aussi préoccupant, l’impact de la consommation sur le cerveau est aujourd’hui bien connu : « Il perturbe l’acquisition de la mémoire et des apprentissages, ce qui est malencontreux à l’âge où il sévit » écrit le spécialiste. Précisons ici que parmi les 27 États de l’Union Européenne, la France est le premier consommateur de cannabis :1,7 millions d’usagers réguliers (dont une majorité de jeunes usagers) et cela alors même que la drogue en question et sa consommation est illégale.
Au volant, le cannabis « crée un ivresse incompatible avec la conduite ». Associé à l’alcool, le risque d’un accident mortel est multiplié par 14. Le THC, « après avoir été anxiolytique lors des premiers usages » devient anxiogène. Il induit dépressions, augmente par là la tentation suicidaire (12 000 morts annuelles), incite au passage à d’autres drogues, désinhibe l’individu rendant possible « des actes aux conséquences médicolégales : défenestration, relations sexuelles non protégées ou non consenties, agressions et même crimes ! »
Enfin, toujours sur le plan psychique, la consommation de cannabis est « un facteur de déclenchement de la schizophrénie, de son aggravation, de sa résistance au traitement » met en garde Jean Costentin. « Il joue un rôle important dans la dangerosité des patients psychotiques ». D’après ce spécialiste, le cannabis serait à l’origine de près de 15% des schizophrénies en France. Cela concernerait donc 90 000 malades.
Au vu de ce récapitulatif des dangers médicaux de la consommation du cannabis, tant pour le corps que pour l’esprit, la revendication politique d’une dépénalisation de cette drogue apparaît comme une aberration. Avec une telle mesure, l’Etat se mettrait en porte à faux vis-à-vis de parents souvent mal informés et qui comptent sur la loi pour garantir un minimum de santé publique et ne pas mettre en danger la vie de leurs enfants au nom d’une quelconque démagogie. Et cela sans parler des coût sociaux que cette dépénalisation ferait par conséquent peser sur les Français.
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Pourquoi laisse-t-on la nicotine en vente libre même les jour feriès ? C'est du grand n'importe quoi : on mélange la cocaïne à l'héroïne et au cannabis. Pourquoi en Suisse est-il utilisé ? En Belgique, en Hollande, dans certains Etats américains ? Il faudrait arrêter cette hypocrisie à l'encontre du cannabis. Défenses immunitaire affaiblies ? Allez dire ça à mon médecin qui nous donnerait du"subutex" pour stopper là cannabis.