Le Figaro

Dans une tribune du cahier télé du Figaro du 15 -16 janvier, Nicolas d’Estienne d’Orves s’en prend au Journal du Hard du samedi soir sur Canal plus. Le magazine diffuse selon lui les mêmes images et les mêmes clichés depuis 20 ans. Ce qui était le sommet de la transgression est devenu d’une banalité affligeante : « mêmes métaphores potacho-coquines, brandissant désormais des idéaux qui font doucement sourire. » Le dernier Journal nous apprend-t-il était consacré au porno féminin, c’est-à-dire celui des actrices, des réalisatrices, Journal qui a comme public des femmes.

Le plaisir féminin serait, paraît-il, un élément de plus en plus important dans le domaine du hard. Evidement, les actrices ne sont plus des victimes mais des femmes fières de leur boulot.

L’histoire est vielle comme la prostitution et les associations qui font de la prévention ou de la réinsertion dans ce domaine comme le Nid ou la Fondation Scelles ne cessent de dire que c’est un discours totalement mensonger. Les « hardeuses » qui acceptent de témoigner - anonymement d’ailleurs - ne font que le confirmer. Pour des cachets de misère, on les pousse à faire non pas seulement ce que la morale réprouve mais ce qu’elles ont en horreur. Les jeunes femmes heureuses de se faire prendre  et montrer bestialement existent, bien sûr, mais se comptent sur les doigts d’une main.

Seule nouveauté, selon Nicolas d’Estienne d’Orves, une française sur deux avouerait paraît-il regarder des films X. Possible, mais est-ce comme dit l’autre « à l’insu de leur plein gré ». Consentante, demi-consentante, subissant les exigences du compagnon qui a besoin d’images fortes… Allez savoir. Même à demi vrai, cela signifie que de plus en plus de couples sont addicts à ce genre de pratiques. Une sexualité virtuelle pour stimuler une libido fatiguée par le stress, la vie affective à la dérive et une spiritualité asymptotique à zéro.

Une sexualité à l’image aussi, pourquoi s’en étonner, de la société, déboussolée et qui cherche dans des plaisirs cosmétiques ce que la réalité de l’amour vécu et partagé ne lui procure plus dans son plein épanouissement.