Famille Chrétienne

A l’heure du choix pour la France, Famille Chrétienne publie sur son site internet une interview de chaque candidat. L’occasion d’un point ultime sur les valeurs des candidats face à l’électorat catholique. Nous développerons ici les questions sociales et scolaires et encourageons la lecture de ces interviews sur le site de l’hebdomadaire.

Premier point de clivage qui ressort de ces deux interviews : les questions de société. Rien de nouveau de ce côté-ci. François Hollande affirme s’être « adressé à tous les Français sans distinction de religion. J’ai présenté des propositions que je pense justes pour notre société. Je respecte profondément les convictions religieuses de chacun et ne cherche pas à instrumentaliser telle pratique de la foi. » Pour le candidat socialiste, ce sont ses valeurs humanistes, son goût de la justice sociale et de la solidarité envers les plus pauvres qui pourrait emporter l’adhésion des catholiques.

Au contraire, Nicolas Sarkozy affirme à l’hebdomadaire familial que ses convictions n’ont pas changées : « Je n’ouvrirai pas le mariage aux couples de même sexe parce que c’est en réalité ouvrir le droit à l’adoption. Or, je pense qu’un enfant doit avoir un père et une mère. C’est ce qui résulte de la nature, et c’est le modèle familial le plus répandu dans toutes les civilisations. »

François Hollande, comme chacun le sait, tient une position opposée : « chacun sait qu’aujourd’hui, de nombreux enfants vivent dans une famille composée de deux personnes de sexe identique. Il faut que ces deux personnes aient un statut permettant une protection de l’enfant. Mais celui-ci doit en même temps savoir qu’il est le fruit d’un père et d’une mère, pour se construire lui-même dans l’altérité. »

A propos de l’équivalence fiscale entre PACS et mariage, votée pendant son quinquennat, le candidat-président précise qu’« elle n’est pas une équivalence juridique. Ce sont des liens contractuels tout à fait différents ». Alors que François Hollande considère quant à lui que le mariage ne serait qu’un « prolongement » du PACS.

Nicolas Sarkozy déclare également : « Je suis contre l’euthanasie parce que je pense que, quand une personne souffre tellement qu’elle demande à mourir, l’honneur, le devoir de la société, c’est d’apaiser ses souffrances, pas d’accélérer sa mort. Je suis donc pour le développement des soins palliatifs dans le cadre de l’équilibre trouvé par la loi Leonetti. »

Sur son bilan, Nicolas Sarkozy reconnaît : « Je n’ai pas tout réussi, bien sûr, dans ce quinquennat, mais nous avons traversé la plus grave crise depuis les années 30. La France a tenu, les Français ont été protégés, et je n’ai trahi aucune des valeurs pour lesquelles les Français m’avaient fait confiance en 2007. J’ai lutté contre l’insécurité, j’ai revalorisé le travail, j’ai promu le mérite, j’ai encouragé l’investissement, l’innovation, la recherche, j’ai maîtrisé l’immigration et encouragé l’intégration. »

Le président-candidat livre à Famille Chrétienne ses « valeurs cardinales » : le travail, l’effort, la maîtrise des finances publiques, l’innovation, la formation, l’autorité et, au-delà de tout, la responsabilité.

Sur les questions scolaires, François Hollande affirme que « la crise de l’école que vous évoquez est d’abord le résultat de dix années de casse ! Il faudra réparer les suppressions de postes décidées à l’aveugle.

Mais l’école a aussi besoin de réformes, pour les rythmes scolaires, pour la formation des enseignants aujourd’hui délaissée, pour l’adaptation à la révolution numérique. Mon objectif est de diminuer par deux le nombre d’élèves sortant du système scolaire sans formation professionnelle. Ces réformes supposent un dialogue avec les personnels représentés par leurs syndicats. Je suis persuadé qu’un dialogue fécond permet des décisions utiles pour tous. »

A l’inverse, Nicolas Sarkozy estime que « Le projet de M. Hollande – inscrire le titre Ier de la loi de 1905 dans la Constitution – fait courir un grand risque à la liberté de l’enseignement, et il suffit de lire la lettre qu’il a écrite au Comité national d’action laïque pour s’en convaincre. Les religions y sont présentées comme un asservissement. Sans parler des conséquences directes de cette inscription sur les équilibres issus de la loi de séparation : par exemple, les ministres du culte devraient verser une redevance pour pouvoir utiliser les bâtiments cultuels antérieurs à 1905. »

Le candidat-président affirme vouloir « permettre aux établissements scolaires de l’école publique de pouvoir avoir, eux aussi, cette autonomie [celle de l’Enseignement libre] : cela leur permettrait de mettre en œuvre des projets d’établissement adaptés à leur public et de ­recruter directement leurs enseignants sur la base d’un ­projet fédérateur au service des élèves. Le caractère national des programmes et des diplômes doit être réaffirmé, mais cela n’interdit pas de donner un peu plus d’autonomie aux établissements. »

 

Source : Famille Chrétienne

 

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