Ce 28 août, la candidature de Mitt Romney à l’élection présidentielle américaine a été officialisée avec celle de son colistier Paul Ryan à la convention républicaine de Tampa en Floride. Le clan Romney est désormais en route pour une possible victoire en novembre prochain !
La convention s’est ouverte avec un discours de Chris Christie, gouverneur du New Jersey, qui a affirmé que « Mitt Romney nous dira les vérités difficiles que nous devons entendre pour nous remettre sur la voie de la croissance et créer à nouveau des emplois bien rémunérés au sein du secteur privé, aux Etats-Unis". Cette convention a aussi été l’occasion pour la femme de Mitt, Ann, de s’exprimer pour la première fois en public, en soutien à la candidature de son mari : « Voici l'homme qui travaillera plus dur que quiconque, afin que nous travaillions un peu moins dur. » Pour l’agence de presse Reuters, « le rôle principal … {de sa prise de parole} était de nuancer l'image peu chaleureuse que le camp démocrate et certains médias dressent de Mitt Romney, présenté par ses adversaires comme un multimillionnaire déconnecté du terrain social. »
Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachussets, a donc été investi candidat républicain contre l’actuel président démocrate des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama. Comme le relève Alexis Buisson, journaliste à Valeurs actuelles, « les écarts restent très serrés » entre ces deux derniers. Mais, « les républicains espèrent que la convention de Tampa fournira l'élan nécessaire pour devancer le candidat démocrate », écrit l’agence Reuters.
Les partisans de Ron Paul, représentant du Texas qui n'avait toujours pas, officiellement, abandonné sa candidature à la primaire républicaine, déçus par l’investiture de Mitt Romney, ont sapé « l'unité du camp », a rapporté Reuters.
Le Parti républicain adopte un programme conservateur
Pour le journal Le Monde, c’est plutôt « un programme très à droite », si tant est que cela ait le même sens des deux côtés de l’Atlantique, qui « reflète la droitisation du parti et l'influence du Tea Party ». En effet, d’après Philippe Bernard, envoyé spécial du Monde, le Parti républicain envisage par exemple d’ « interdire l'avortement même en cas de viol ». « L'enfant pas encore né possède un droit fondamental individuel à la vie qui ne peut être bafoué », selon le texte qui propose « l'adoption d'un amendement constitutionnel qui rendrait applicable aux fœtus le 14e amendement de la Constitution ». c’est peut-être parce que les américains sont en général plus croyants que les français, ou bien moins intoxiqués que nous par la propagande pro-avortement, qu’ils reconnaissent plus facilement cette vérité d’évidence du « caractère sacré de la vie humaine ».
De la même manière en ce qui concerne le mariage, alors que la France s’apprête à voter le mariage homosexuel, « les républicains soutiennent l'adoption d'un amendement à la Constitution qui définirait le mariage comme une union entre un homme et une femme. Le parti est également opposé à l'union civile » entre couples de même sexe.
En politique intérieure, le Parti propose de « restructurer le gouvernement » en « mettant fin à la centralisation des pouvoirs à Washington ». Contre une « régulation excessive entravant la concurrence, il promet d'abroger la loi Obama sur la santé et la loi Dodd-Franck sur les transactions financières », rapporte Le Monde. Sur le système de santé, les républicains comptent aussi privatiser Medicare (pour les plus de 65 ans), menacé par les déficits. Medicaid (pour les pauvres) serait, lui, à l’avenir, géré par les Etats.
En politique étrangère, les républicains appellent à « une réponse ferme au pouvoir chinois et aux provocations russes » sur la question syrienne, prolongeant ainsi la politique néoconservatrice de Bush. Ils appellent aussi au rétablissement d'une « relation spéciale avec la Grande-Bretagne ». Le « soutien sans équivoque à Israël » est réaffirmé, ainsi que le choix d'une « solution à deux Etats » au Proche-Orient, position que certains délégués récusent comme étant trop contraignante pour Israël.
Le texte a été « rédigé par un comité de 125 membres présidé par Bob McDonnell, le très conservateur gouverneur de Virginie », écrit le journaliste du Monde. Pour autant, celui-ci n’est « pas nécessairement celui de Mitt Romney, qui, soucieux du vote des centristes et des femmes, s'en dissocie, par exemple sur l'avortement. » Il en sera cependant le porte-parole et le fera certainement mieux que Ron Paul dont les positions 'libertariennes' se distinguaient fréquemment de la ligne dominante du parti.
Astrid Coeurderoy
Sources : Le Monde, Reuters, Valeurs actuelles
Photo : © Wikimedia Commons / Toby Alter









