Le Président François Hollande, durant la conférence de presse de clôture du G20 s’est félicité d’avoir atteint ses objectifs. A savoir, croissance, stabilité financière et lutte contre le protectionnisme.
Une seule ombre au tableau : la taxe sur les transactions financières, portée à Cannes par son prédécesseur et qui ne sera pas mise en place par le G20. François Hollande a cependant affirmé qu’elle serait établie par « un groupe de pays pionniers en Europe ».
Lors de son intervention devant ses pairs, le Président français a abordé quatre points rapporte le Figaro : « la nécessité de coordonner les politiques économiques, celle de mettre en place des politiques de consolidation, un plaidoyer pour la stabilité des prix des matières premières, du pétrole et des taux de change, et enfin un appel à la régulation du système financier en Europe et dans le reste du monde. »
Hollande-Obama : unis pour la croissance
Sur le thème de la croissance, François Hollande disposait à ce sommet international d’un allié de poids en la personne de Barack Obama qui ne cesse de lancer depuis quelques temps des avertissements à l’Europe.
Dans le communiqué final du G20 on peut ainsi lire : « Si les conditions économiques venaient à se dégrader davantage de manière importante, les pays disposant de marges de manœuvre budgétaires suffisantes se tiennent prêts à coordonner et à mettre en œuvre des mesures budgétaires à leur discrétion pour soutenir la demande intérieure, comme il convient ».
« Cet appel à la relance est comme une petite victoire de la France et des États-Unis, deux pays qui critiquent ouvertement l'excès d'austérité même si rien ne garantit qu'il sera suivi d'effet » analyse le Figaro. Le problème c’est que tous n’envisagent pas de la même façon la relance.
La mise en garde de Cameron
Tous les pays européens présents à ce sommet ne partageaient pas les vues de notre Président. Outre Angela Merkel, championne de l’austérité, qui tient à préserver la santé financière de l’Allemagne, David Cameron a pointé du doigt une faille de la politique de François Hollande par une boutade..
« Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni (…) Cela paiera nos services publics et nos écoles » a-t-il déclaré en marge du somment international.
Derrière l’ironie du propos se cache la réalité économique que le Premier ministre britannique n’ignore pas, lui qui a abaissé l'imposition des très hauts revenus en Grande-Bretagne. L’enjeu n’est rien moins que la compétitivité des entreprises françaises.
A cette provocation, François Hollande n’a pas répondu directement, privilégiant la diplomatie : « Chacun doit être responsable de ce qu'il dit, je le suis. Dans un moment où la cohésion des Européens doit être forte, je ne ferai rien qui puisse l'ébrécher (…) Ma responsabilité dans ce sommet est de faire en sorte qu'il y ait une confiance dans l'Europe (...). Donc, je ne m'échapperai en aucune manière des objectifs trop importants. L'Europe et le monde s'inquiètent, rien ne me fera détourner de mon objectif », a-t-il insisté.
Puis il a ajouté : « Sur les politiques fiscales » française et britannique, « nous ferons la comparaison ».
Cette comparaison, Valérie Pécresse l’a anticipée ce jeudi sur France 2. Elle a dénoncé une « politique d’une brutalité inouïe » en matière de réduction des dépenses budgétaires, pariant que les « impôts Hollande, c’est pour le mois de juillet ». L’ancienne ministre UMP du Budget craint en effet que la France ne devienne « la risée de toute l’Europe ».
Les entreprises en première ligne
La réaction rapportée par Le Parisien du mouvement patronal Ethic qui assimile les mesures fiscales promises par le nouveau gouvernement à une forme de « matraquage » contre les entreprises va également dans ce sens.
« S'il faut remercier David Cameron, ce n'est pas pour inciter les entreprises à fuir la France mais bien parce que sa déclaration provocante tombe au bon moment » a estimé Sophie de Menthon, présidente d'Ethic, qui insiste « sur un constat que les Français refusent : les Etats aussi sont en concurrence, notamment fiscale, et ce même dans l'Union européenne ».
Il faut reconnaître que l’addition que les socialistes présentent aux entreprises est salée. Augmentation du Smic, durcissement des conditions de licenciement, augmentation des cotisations retraite, abandon de la TVA sociale, diverses mesures de paiement de l’impôt sur les sociétés plus contraignantes pour la trésorerie des entreprises, plafonnement de la déductibilité des emprunts, baisse des droits à l’assurance chômage pour les créateurs d’entreprises, etc… Qui s’étonnera alors que Peugeot s’apprête à quitter Aulnay et qu’Air France licencie plus de 5000 personnes ?









