Absence de désistement à droite, absention inquiétante pour la démocratie et candidatures chrétiennes en ordre dispersé.. Trois faits saillants de ces législatives, relevés par François de Lacoste-Lareymondie, vice-président de la Fondation de service politique.
François de Lacoste-Lareymondie, vice-président de la Fondation de service politique : "Ce premier tour des législatives fait ressortir à mon sens, trois faits saillants. Le premier tient au rapport droite-gauche qui, quoi qu’en disent nombre de commentateurs, reste stable et demeure favorable à la droite.
Ainsi, le score de l’UMP est légèrement supérieur à celui du PS, et si l’on comptabilise les voix du Front national, la droite obtient environ 48 % des voix contre 47 % à la gauche, en comptabilisant celles du Front de gauche.
La vraie dissymétrie entre les deux camps tient avant tout aux accords de désistement : à gauche, il existe une "discipline républicaine" qui n’existe pas à droite.
Mais j’observe que si les états-majors de l’UMP et du FN continuent de se faire la guerre, les électeurs, dans les deux camps, sont une majorité à se déclarer favorables à l’unité. Nous verrons bien ce qu’il en résulte pour le second tour.
Ma seconde remarque sera pour souligner le haut niveau de l’abstention, autour de 42 ou 43 %, ce qui est une sorte de record sous la Ve République. Cela s’explique sans doute par le fait qu’il n’y a pas eu de véritable campagne, la présidentielle ayant comme "aspiré" tout le débat politique.
Du coup, les vainqueurs se contentent de réclamer la "cohérence", c’est-à-dire une majorité quand les perdants tentent de limiter les dégâts en plaidant pour le "rééquilibrage".
On comprend, dès lors, que pour les électeurs, les législatives perdent un peu de leur sens et ne soient pas très mobilisatrices. Ce que personnellement je regrette car cela affaiblit un peu plus la légitimité de l’Assemblée.
Ma troisième observation s’adresse plus spécifiquement aux électeurs chrétiens engagés dans la vie de la cité. Durant la présidentielle, beaucoup se sont manifestés pour défendre une certaine idée du l’intérêt collectif et du bien commun et je ne peux que m’en réjouir.
En revanche, je note, pour le déplorer, que dans beaucoup de circonscriptions où l’électorat catholique est important, on a vu fleurir tout un tas de candidats affichant leurs valeurs chrétiennes sans aucun souci de cohérence dans leurs démarches. Ces candidats ont sans doute de grandes qualités personnelles, mais ne voient la politique qu’à l’aune de leur chapelle ce qui explique sans doute les micro-résultats obtenus. C’est un sujet de préoccupation qui devrait nous faire réfléchir pour la suite."
Article publié dans le Dossier législatives du Pèlerin : trois observateurs chrétiens commentent le premier tour
Auteur(s) : Antoine d'Abbundo , Photo Fondation de Service politique









