Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Education nationale, a adressé une lettre à tous les personnels de l’Education nationale jeudi 14 juin. Celle-ci remplace la circulaire de rentrée rédigée par l’ancien gouvernement et publiée au Bulletin Officiel le 29 mars 2012. Elle en prend évidemment le contre-pied. A l’Education nationale il n’y a pas de réforme sans contre-réforme.
Rythme scolaire
Mesure phare, l’allongement des vacances de Toussaint. Le ministre veut commencer par la réforme des rythmes scolaires, une de plus. Celles-ci devaient initialement durer du samedi 27 octobre au jeudi 8 novembre ; elles devraient donc être prolongées jusqu'au lundi 12 novembre. », annonce-t-il dans l’Est républicain. :« Bien entendu cette réforme se fera avec le Conseil supérieur de l’Education qui lui est acquis. «Tout le monde arrive à la même conclusion: une semaine de quatre jours, des vacances très longues, des journées surchargées, ce n'est pas bon. Une réforme s'impose», dit-il.
« Autre changement rapide sur les bancs de l'école: la pause obligatoire de 1h30 à l'heure du déjeuner pour les enfants. Là encore, le but est assez simple: laisser le temps aux écoliers de récupérer avant de recommencer, reposés, les apprentissages de l'après-midi. Les chrono-biologistes prônent depuis longtemps cette organisation. Seul souci, elle remet en cause les heures de soutien scolaire que les enseignants dispensaient auprès des enfants en difficulté. Une organisation baptisée «aide personnalisée» et décidée en 2008 par le ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui devrait donc être revue. », rappelle le Figaro.
Comme le remarque Libération « Si tout le monde s’accorde à dire que l'équilibre de l’enfant prime, familles, enseignants, collectivités locales ou professionnels du tourisme ont des contraintes divergentes.
Les rapports se sont multipliés pour souligner les carences du système actuel, et critiquer la semaine de quatre jours -- notamment ceux d’une mission de l’Assemblée nationale, de l’Académie de médecine ou d’un comité de pilotage sur les rythmes scolaires. Mais rien n’a été engagé pour modifier le calendrier scolaire.
Le comité préconisait de diminuer les horaires quotidiens de classe, de raccourcir de deux semaines les vacances d'été, et de revenir à la semaine de 4 jours et demi.
Raccourcir les vacances d'été permettrait de réduire le nombre d’heures de classe quotidiennes : l'élève français a 144 jours de classe par an contre une moyenne européenne de 180 jours et des journées de 6 heures, sans compter les cours de soutien pour les enfants en difficulté, souvent donnés à la pause-déjeuner. »
Les programmes
Par ailleurs, la circulaire de l’ancien Ministre prônait aussi, précise le Figaro, « une attention particulière aux fondamentaux en primaire, et l'acquisition de «connaissances précises, celles de l'orthographe des mots, de la grammaire et du vocabulaire ; en mathématiques, la connaissance des nombres, la maîtrise des opérations, la connaissance des tables et l'usage régulier de stratégies de calcul mental, qui relèvent d'un travail quotidien». Evidemment Vincent Peillon, alors qu’il n’était que conseiller du candidat Hollande, avait immédiatement promis de l'abroger. Il va le faire.
L’autonomie des établissements
Enfin, l’expérimentation d’un début d’autonomie des établissements est abandonnée. Il s’agit du : dispositif baptisé Eclair. Cette expérimentation dont les résultats ont été encourageants et qui a été bien reçue par les directeurs d’établissements va être stoppée. Les syndicats qui soutiennent le nouveau Ministre n’en veulent pas. En revanche, comme le souligne le Figaro, « La réforme du lycée, qui plaisait aux syndicats tenants des pédagogies modernes, est maintenue ».
L’apprentissage
Le Monde ajoute de son côté : « Vincent Peillon confirme également sa volonté de faire abroger l'entrée précoce en apprentissage, dès 14 ans. "C'est un retour au passé et non un progrès", dit-il. "Seize ans nous paraît un âge raisonnable." "La pré-orientation précoce conduit à faire du tri social et mine la réussite scolaire des jeunes", ».
La guérilla scolaire contre le privé
L’enseignement privé est lui aussi dans le collimateur. Le Président François Hollande a promis 60 000 postes pour l’Education nationale, mais quid pour l’enseignement privé ? Dans le Figaro, Caroline Beyer rapportait il y a peu les propos de Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE ( Fédération des Conseils de Parents d’élèves), lors de son congrès auquel assistait le Ministre : «Nous voulons que la priorité soit clairement donnée à l'école publique», disait-il en réponse aux propos tenus dans la Croix du 24 mai par Eric de Labarre, Secrétaire général de l'enseignement catholique. Pour la répartition de ces 60 000 postes celui-ci demandait l’équité : « La création de 5 100 postes dans l'enseignement catholique - qui représente 95 % de l'enseignement privé - dans les cinq ans à venir, sur le total de 60.000 promis par le président Hollande pour l'Éducation nationale. Soit une proportion de 10 %, équivalente, comme il l'expliquait, à celle des suppressions de postes essuyées par l'enseignement catholique sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy (6 700 sur 80.000 au total). »
Le syndicat laïc des parents d’élèves proche du nouveau Ministre ne l’entend pas ainsi : «Pour nous, 10 % c'est déjà trop, affirme de son côté le président de la FCPE. Les mesures d'urgence doivent aller en priorité à l'école publique, qu'il faut reconstruire.»
Abroger la loi Debré
Et dans l'euphorie du congrès de la FCPE, Victor Colombani, le président de l'Union nationale lycéenne (UNL), a surenchéri en réclamant «l'abrogation de la loi Debré», ajoute Caroline Beyer.
La gauche en rêve, mais même François Mitterrand ne l’a pas fait. Evidemment, le ministre affirme ne pas vouloir rallumer la guerre scolaire - d’ailleurs contre qui -, mais le harcèlement ou la guérilla, pourquoi pas ?










Je suis à la retraite, ancien professeur, ancien IEN-STI. Je suis pour une réforme profonde du corps d'inspection ; il n'est pas neutre, pas extérieur au système, et donc archaïque ! Il faut de tout pour faire un Monde : en fonction j'ai eu entendu et vu des attitudes indignes, telles que dire à l'intérieur d'un rectorat "l'apprentissage c'est de la merde" ! NON ! NON ! et NON... être inspecteur c'est être pour que les jeunes qui traversent l'école la vivent positivement ! et veiller à cela en permanence, c'est à dire avoir un comportement au-dessus des bagarres privé-public-CFA. Merci