Dans le combat pour la défense de la vie, il est des pays dont les gouvernements s'étonnent de voir la société civile sortir de son apathie apparente pour s'organiser et s'opposer ouvertement à toute initiative indigne de leurs dirigeants. C'est ainsi le cas de l'Argentine, dont les citoyens se prononcent en ce jour de la Toussaint sur un projet de loi votée au Congrès de la Nation visant à libéraliser l'accès à l'avortement.

Et tous les peuples libres du monde répondent :
Au grand peuple argentin, bienvenue !
Extrait de l'hymne national argentin 

C'est ainsi que depuis des mois, des manifestants brandissant des panneaux représentant des mains rouges affublées du slogan Yo voto por la vida ! (Je vote pour la vie !) parcourent les rues des principales villes d'Argentine pour informer la population, faire signer des pétitions et inciter leurs concitoyens à faire pression sur les élus.

Soutenues notamment par le Cardinal Jorge Bergoglio, Archevêque de Buenos Aires, et Mgr Hector Aguer, Archevêque de La Plata, une multitude d'associations nationales et locales dont les plus représentées dans les médias sont Frente Joven, Red San Isidro, Red Federal de Familia,Todos por la Familia ou Argentinos Por Los Chicos, se mobilisent avec conviction, notamment sur les réseaux sociaux. Elles recrutent d'ailleurs un grand nombre de jeunes qui militent non seulement pour défendre la vie de l'enfant à naître et de sa mère en proposant une Ley de Embarazadas (Loi des Femmes Enceintes) mais également contre la récente légalisation du mariage homosexuel, votée sous la présidence de Cristina Kirchner, réélue le 23 octobre dernier, le projet de loi d'identité de genre, les programmes d'éducation sexuelle ou encore les méthodes de procréation assistée.
L'Argentine, caractérisée par une société civile profondément désabusée et méfiante à l'égard d'une classe politique jugée, à raison, largement corrompue, n'en a certainement pas fini de créer la surprise en rappelant à l'élite progressiste qui tente de la soumettre aux diktats de son idéologie stérile qu'elle demeure une nation foncièrement catholique (rappelons à cet effet que jusqu'à la réforme constitutionnelle de 1994, la Constitution de la République Argentine requérait du Président et du Vice-Président qu'ils confessent la foi catholique qui est toujours religion d'Etat).
Et apparemment celle-ci compte bien affronter la culture de la mort jusqu'à son dernier souffle.

Jérémy Mattera