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Un nouveau Président est appelé à régner… Les gagnants sont euphoriques, tandis que les perdants sèchent leurs larmes et fourbissent leurs armes. La Bastille droitière et absolutiste semble reprise par une foule en liesse, les anciens se rappelant avec émotion ce grand moment de 1981, voire pour les plus osés, la Libération. Pour les antagonistes, la fin du monde arrive à senestre, non plus le 21 décembre prochain, mais bien le 6 mai dernier. Entre délire à gauche et sinistrose à droite, la psychose a saisi la France entière.

Pourtant, le changement ne s’est guère annoncé que dans les meetings, à grand renfort de slogans. Mais lequel ? Tentons d’être réaliste ! Quel changement un socialiste peut-il apporter dans une France tant marquée par l’idéologie… soixante-huitarde ? Les chars russes ne sont pas encore aux portes de Paris… ni même au départ ! Il est d’ailleurs fort probable qu’ils n’auraient pas les crédits suffisants pour dépasser la Pologne. En réalité, le seul changement que nous promet M. Hollande, c’est un changement d’occupant à l’Elysée, et un retour en arrière. En effet, notre ex-candidat s’est élevé contre son prédécesseur plus que contre la crise, le chômage, dettes faramineuses ou économies en déclin. « Delenda est Sarko ! » fut son leitmotiv durant cinq ans rue de Solferino.

Détricotage

Il n’est pas qu’anecdotique que M. Hollande commençât son mandat par revenir sur certaines mesures phares du quinquennat précédent, décisions dont les effets ont été inversement proportionnels à leur timidité, mais qui eurent le mérite de faire frémir une France ankylosée entre ses syndicats et son administration vautrés dans l’argent du contribuable. Notons par exemple le rétablissement de l’ancien barème de l’ISF, et, surtout, emblème d’une flexisécurité de l’emploi (que l’on attend toujours), la défiscalisation et exonération de charges sur les heures supplémentaires. Cette dernière reste le signe symptomatique d’une réaction épidermique à tout ce qu’avait pu faire M. Sarkozy : elle permet aux salariés de gagner plus, et offre une souplesse et une réactivité aux entreprises qui n’auraient de toute manière pas embauché. Les « riches » (entendons patrons et cadres) ayant la chance de ne pas être aux 35h, ne pouvaient, ô injustice insupportable, en bénéficier.

Outre ce détricotage, ni le pouvoir, ni la France ne s’ôtera de l’esprit ce vieil épouvantail socialo-communiste des riches, nécessairement bourgeois, cruels, cupides et de droite, face aux malheureux pauvres hères sans le sou ni travail (et votant à gauche, sous peine d’être au mieux des simples, au pire, des vendus). Ah ! J’oubliais également ces sympathiques bourgeois qui pour se faire pardonner leur classe partagent leur caviar en échange de quelques voix. Il faudra du temps pour que chacun (y compris à droite !) comprenne que la véritable société, le véritable partage des richesses, passe d’abord par les investissements des riches en France et non à l’étranger, et non pas par un prélèvement léonin soit disant pour des pauvres qui n’en perçoivent pas grand-chose, une bonne part étant avalée par le gouffre abyssal des finances publiques. La cure d’amaigrissement doit surtout être suivie par l’administration ; l’embauche de 60 000 enseignants supplémentaires n’y aidera sûrement pas, d’autant plus que l’Education nationale n’est qu’un mammouth ne cachant plus le troupeau. Le  « grand bond en avant » auquel aspirent tous les Français se muera en « grand rebond en arrière » ; en lieu et place du « retour vers le futur » proposé par la droite, nous aurons droit à  « l’aller vers le passé » du paléo-socialisme nostalgique s’avérant, heureusement pour l’humanité contingence et non pas nécessité historique.

Changement de société

Les véritables changements auxquels il faut s’attendre sont plutôt d’ordre sociétal. Depuis ses origines, le socialisme et en particulier le socialisme scientifique travaille à la destruction des fondamentaux de la société, œuvre profondément mortifère. Le mythe d’une « tabula rasa » s’est toujours révélé comme destruction de l’environnement de l’homme, que ce soit sa culture, son histoire, son origine, bref tout ce qui fait qu’il est lui-même. La reconstruction envisagée n’est que l’imposition d’un nouvel ordre à une humanité conditionnée jusque dans ses croyances par ces idéologies liberticides. Les opposants, « réactionnaires » et autres « fachos » (sic) de cette satrapie, freins au « progrès » devront disparaître. De même, le seul environnement qui vaudrait, paraît-il, la peine d’être défendu serait la nature. L’homme, élément perturbateur, devrait donc renoncer au travail et à toute sa dignité, c'est-à-dire à la transformation d’une nature au service de l’humanité toute entière, d’aujourd’hui et de demain. Les séides de la « protection de l’environnement » donneraient leur vie pour sauver la planète, mais une nature sans l’homme. La promotion de la culture de mort est donc inhérente au socialisme, et c’est là le véritable combat à mener, pour une humanité à la dignité restaurée, éthique et non plus étique.

Depuis plus de 30 ans déjà retentissent les thrènes de la France dont le déclin s’affirmait non seulement par une économie ramollie ou un prestige international disparaissant, mais surtout par le refus de soi-même, de la fierté de la France, qui a tout apporté à la plupart d’entre nous. Le respect de la dignité de l’Homme, des valeurs qui ont construit la France, l’acceptation de sa culture, de son histoire est la seule voie d’un « redressement » durable.