Contrairement à une idée fort répandue, les militants pacifistes et chevelus de la gauche dure sont eux aussi capables de sauvageries viriles et impétueuses. Malgré les montagnards, les sans-culotte, les communards, les nationaux-socialistes et les trotskistes, nous ne pouvons nous empêcher de tomber des nues à chaque nouvel assaut gauchiste.

Mais, l'antique Comité a encore frappé et son salut – public, peut-être ! c'est la destruction du MET (Mouvement des Étudiants, branche militante de l'Union Nationale Inter-universitaire) par la décapitation de son chef. Ainsi, mardi dernier (3 avril), Antoine Diers a été roué de coups pendant les élections étudiantes qui se tenaient à Tolbiac (Paris I). Grièvement blessé, il a heureusement pu être évacué par les pompiers.

Le plus fort est que ce déchaînement « vertueux » et terrifiant pour une époque aseptisée se doit aux bonnes grâces d'un adulte sensé et censé être plus raisonnable : M. Jean-Claude COLLIARD, président de l'Université Paris I et éminent socialiste (il fut directeur de cabinet de François Mitterrand). La brutalité des militants eut sans doute pu être jugulée par les forces de l'ordre, lesquelles n'ont accès à l'Université que sur invitation de son président – mais celui-ci, figurez-vous, déjeunait ! Non content de laver ses mains complices, celui-ci permit même que les élections interrompues continuassent après l'évacuation des étudiants du MET.

« Sage » chargé de la régularité des primaires socialistes, il exhibe mieux que personne, en cette grande semaine, la folie païenne hors de ses règles.