[LPJ] Cristeros : Une belle réussite

Une belle réussite, tant sur la forme que sur le fond. Cristeros répond notamment aux attentes d’un jeune public en soif d’action et d’exploit de western. On s’enthousiasmera pour une production chiadée au service de la vérité d’une histoire méconnue.

La force d’un blockbuster américain

Servi par une production de qualité indéniable, un casting de rêve, un scénario dans des paysages magnifiques de la campagne mexicaine, le film possède tous les atouts de la réussite, et la combinaison est gagnante. Les scènes de batailles, où les cavaliers coiffés de sombreros, cartouches en bandoulière, chargent des lignes de fantassins dans la fumée des carabines, flattent notre imagination de ces exploits guerriers.

On sent la difficulté du scénariste à ne pas tomber dans le documentaire et à présenter une histoire juste et cohérente, parce qu’inscrite dans un contexte historique complexe. Au travers de quelques personnages choisis par les figures emblématiques de la Cristiada, il révèle la cruauté de la lutte d’un Etat contre la liberté des peuples à croire. Le rôle joué par les Etats-Unis dans cette guerre civile n’est pas oublié et rappelle son action médiatrice entre le Vatican et le Mexique au nom de ses intérêts pétroliers.

On pourrait être déçu de voir surgir bien vite le choix de la ligue d’une opposition armée au gouvernement. Ce sont des anecdotes et des faits d’armes qui nourrissent le scénario, un choix légitime pour l’action du film évitant la lourdeur d’un documentaire, mais qui nous laisse seul avec notre réflexion. 

Contrairement à ce que certains ont pu dire, il n’y a pas de manichéisme dans cette présentation de l’histoire mexicaine. Le train incendié sur ordre d’un prêtre en est l’extrait le plus parlant, le film ne fait donc pas des Cristeros une armée angélique ! Chacun possède sa part de responsabilité dans ce conflit armé qui fit 250 000 morts environ. Cela n’en retire rien à l’héroïsme et à la foi de ces hommes qui surent mourir pour la Vérité et la liberté d’y croire.

Un véritable témoignage de foi et un encouragement à sortir de nos sécurités

La conversion progressive du général Gorostieta (Andy Garcia) qui prit la tête de l’armée Cristeros est marquante. Cet homme d’affaires confortablement installé dans la vie choisit le risque pour l’amour de sa femme, et pour la liberté de ses filles. Car rien pour lui ne peut empiéter la liberté, et la première, qui est celle de croire.

Fier et fort de ses exploits militaires et de son intelligence de stratège, il est retourné par la foi de cet adolescent béatifié sous Benoit XVI en 2005, le petit José Luis Sanchez del Rio. Comme le centurion romain, le général aura l’humilité de professer la même foi que ce jeune garçon et que ces femmes engagées dans la lutte armée.

Le témoignage de ces figures héroïques appellent à renforcer notre foi, et dans la communion des saints, à nous unir à tous ceux qui aujourd’hui encore, au nom du Christ Roi donnent leur vie dans le martyre, pour le salut du monde et la plus grande gloire de Dieu.

« Viva Cristo Rey »

« Viva Sancta Maria de Guadalupe »

 

 

B.V.

 

Voir aussi à ce sujet : Cristeros, un enthousiasme qui fait réfléchir

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