catholique

80% des Français se disent catholiques. Le chiffre est lancé. Il s’agit, dès lors, de regarder de plus près le terme « catholique ». Dans Vous avez dit catholique, René Rémond décédé en 2007 analysait le rôle politique de la croyance religieuse. Un texte qu’il n’est pas inutile de relire en ces temps électoraux.  

Celui-ci englobe des réalités très diverses, entre le fidèle qui se rend chaque dimanche matin  dans sa paroisse, le catholique qui pratique occasionnellement  et le nostalgique qui garde un souvenir de sa communion. Cette complexité inhérente au catholique est soulignée dans l’ouvrage de René Rémond, Vous avez dit catholique ? (Desclée de Brouwer, 2007). Il rassemble articles et interviews de l’historien qui brosse le portrait du catholique de ce début de XXI ème siècle.

Vous avez dit catholique ? Dès l’attaque de ce recueil d’analyses, la question fondamentale est posée sans détours. Un titre audacieux qui interroge le fondement même du catholique. Que signifie être catholique aujourd’hui ? Une question qui paraît prendre place dans le  domaine du  religieux. Mais, ce serait une erreur que de la restreindre à cette unique sphère. Elle s’inscrit dans la vie sociale. La dimension morale, politique et sociale est à prendre en compte. A ce sujet, celui qui fut membre de l’Académie Française  évoque l’Eglise « à la fois comme communauté et institution ». Il s’agit là de relier les hommes entre eux afin que ceux-ci «  adhèrent à un corpus d’opinions et de convictions ».

Devenir catholique

Le parcours de chacun quant à la foi varie en fonction de l’histoire vécue. Si le catholicisme évoque le religieux pour beaucoup, pour d’autres, elle rappelle « la fidélité à des croyances, souvenirs et coutumes. ».  Il peut s’agir de la nostalgie des heures de l’enfance avec le sacrement de la première communion. R. Rémond souligne aussi l’inscription « dans les traditions familiales et régionales » ou « la réaction d’ordre moral ». A ces parcours davantage traditionnels, s’additionne désormais un « choix personnel relevant de la conscience ».

S’inscrire dans notre société

 Parfois, l’Eglise est jugée comme décalée par rapport aux évolutions, aux changements sociaux. C’est d’ailleurs une question posée comme titre d’un article : « Les catholiques sont-ils l’ennemi du monde moderne ? » Ils ne seraient pas simplement déphasés mais bien plus, en rupture totale teintée de violence face à la modernité. Or René Rémond note la capacité de l’Église à s’adapter et à saisir des opportunités. Il rappelle ainsi, « la rapidité avec laquelle l’Eglise catholique accueillit et baptisa le scoutisme. »

Ainsi, le temps de l’élection arrive à grands pas. Il est demandé à chaque citoyen de faire son devoir civique, de voter et aux Catholiques d’adopter une approche respectueuse de leurs principes. Puisque la croyance se répand bien au-delà du religieux. René Rémond met en évidence le rôle des croyances religieuses qui « informent la pensée de leurs adeptes, orientent leur visions et façonnent leurs sensibilités. » Alors, aux catholiques de prouver, avec leurs cultures politiques, qu’ils ne sont pas l’ennemi du monde moderne.

 

Mathilde Aubinaud ,20 ans, étudiante en info com, écrit des articles pour le site internet jversailles destiné aux jeunes de la villes.