En tant que chrétiens, nous sommes appelés à une sollicitude aimante et généreuse pour les pauvres. Pourtant, les statistiques sont presque écrasantes. Plus d'un milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Chaque année, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants meurent du sida, du paludisme et même de maladies souvent guérissables. Des dizaines de millions de personnes manquent d'eau potable et vont au lit le ventre vide. Il y a, cependant, des raisons d'espérer.

Dans la recherche de la promotion de la dignité humaine, l'Église montre son amour préférentiel pour les pauvres et les sans-voix, parce que le Seigneur s'est identifié à eux de façon spéciale (cf. Mt 25, 40). Cet amour n'exclut personne, mais il incarne simplement une priorité de service à laquelle la tradition chrétienne rend témoignage. "Cet amour préférentiel, de même que les décisions qu'il nous inspire, ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et, par-dessus tout, sans espérance d'un avenir meilleur.

(Encyclique Ecclesia in Asia, n. 34)

 

Bien que nous ne puissions par créer le paradis sur terre, nous savons ce qu'il faut pour que les pauvres soient en mesure de créer de nouvelles richesses pour eux-mêmes et sortir de la pauvreté. En effet, il existe de puissants outils qui pourraient nous permettre de faire d'énormes progrès dans la création de sociétés prospères. Est-il temps de repenser la pauvreté ? Il est temps de mettre la personne, créée à l'image de Dieu, au centre de l'économie, de l’entraide et de l’entreprise.

Si  nous mettions la personne au centre de notre réflexion économique, nous aurions une autre manière de voir richesse et pauvreté. Au lieu de demander ce qui cause la pauvreté, nous commencerions par nous demander ce qui provoque la richesse : dans quelles sont les conditions l’être humain peut il pleinement s’épanouir ? Comment pouvons-nous créer et de protéger l'espace pour les gens de vivre leur liberté et de responsabilités

Et si on se posait les bonnes questions ?

Et si on réconciliait l’entraide et l’entreprise ?

Et si réduire la pauvreté revenait à créer des richesses ?

Et si on passait du paternalisme au partenariat ?

Et si on arrêtait de voir les peuples et les économies comme des expériences ? Et si on essayait d’avoir une vraie solidarité avec les pauvres ?

Et si on arrêtait de voir les pauvres comme des consommateurs, des fardeaux, pour les voir comme des créateurs ?

Et si on arrêtait d’encourager la dépendance, et si on commençait a intégrer les plus pauvres dans des réseaux d’échanges et de productivité ?

Et si on passait des subsides et du protectionnisme a la concurrence et au libre marche ?

Et si on donnait aux pauvres leur chance, a l’Afrique une espérance ?

La tradition judéo-chrétienne a toujours insisté sur la solidarité avec les pauvres. Mais la solidarité signifie bien plus que simplement fournir des secours. Elle implique de voir les pauvres comme des partenaires. La Charité et l'aumône jouent un rôle indispensable dans nos efforts pour aider les pauvres ; mais cependant, l'objectif pour les organismes de bienfaisance devrait être d'aider les pauvres à aller au-delà de la dépendance . Aucun pays n’est jamais devenu riche et autosuffisant grâce à l'aide étrangère -publics ou privés. Arroser un pays pauvre de millions d’euros d’aide publique n’aide pas ce pays a sortir a la pauvreté, et contribue le plus souvent a enrichir des dictatures et des administrations corrompues. À long terme, un approvisionnement durable en nourriture, en eau potable, dans la santé et l'éducation sont créés par les acteurs locaux  dans des économies intégrées.

Les chrétiens ont toujours été impliqués dans l'aide aux pauvres par la charité, l'aumône, et le service. Dans les dernières décennies, les chrétiens ont parfois vu les organisations publiques internationales (PNUD, Unicef, USAID) comme la clé pour aider les pauvres. C’est une réponse compréhensible, mais insuffisante. Premièrement, beaucoup de ces groupes commencent par une vision erronée de la personne humaine. Si nous voulons aider les pauvres, nous devons d'abord nous interroger sur la nature, la vocation,et le destin des êtres humains. Deuxièmement, malgré beaucoup de bonnes intentions, les plans à grande échelle de l'aide étrangère ont été largement inefficaces. Des milliards de dollars d'aide au cours des soixante dernières années ont été incapables de sortir les pays les plus pauvres de la pauvreté extrême. Il est temps de changer nos méthodes, il est temps de réconcilier l’entraide et l’entreprise.

 

LPJ se fait le relais de l'initiative PovertyCure, un projet d'inspiration chrétienne ayant pour but de combattre les préjugés sur l'aide internationale.