Fatima et la politique : chronique n°5

Immédiatement après avoir donné son deuxième enseignement de nature politique : « De cette façon, vous obtiendrez la paix pour votre patrie » (voir chronique précédente), l’Ange de la Paix donna une précision importante sur sa fonction : « Je suis son ange gardien, l’ange du Portugal ». Les nations ont donc un ange gardien chargé de veiller sur elle. La tradition enseigne qu’elles peuvent même en avoir plusieurs. Ainsi, la France a-t-elle son ange gardien. Dieu Lui-même veille donc sur nos patries avec amour par l’intermédiaire de ses anges. Or la fonction de ces anges est certainement semblable à celle des anges gardiens des personnes, à savoir, en reprenant la définition de saint Thomas (voir chronique n°3) qu’ils sont « envoyés par Dieu en ministère auprès des nations, Dieu se servant de leur action auprès d’elles pour promouvoir le bien de ces dernières, ou pour l’exécution de ses conseils à leur endroit. »

Au passage, remarquons que l’Ange gardien du Portugal est l’Ange de la Paix lui-même. Il conviendrait d’en tirer des conséquences dans nos relations avec ce pays.

Mais qui est l’Ange gardien de la France ? Serait-ce l’Archange Saint Michel ? En effet, il déclara à sainte Jeanne d’Arc : « Je suis Michel protecteur de la France ». Et saint Michel est aussi considéré comme un des saints patrons de la France. Mais en toute rigueur, qu’il soit le protecteur et un des saints patrons de notre pays, ne signifie pas qu’il tient aussi la fonction d’ange gardien. Les hommes ont bien un saint patron et un ange gardien. Aussi, en l’absence d’une indication claire venant du Ciel, il convient de ne pas confondre les fonctions. Et s’il ne faut pas manquer d’invoquer saint Michel, le « protecteur de la France », l’apparition de l’Ange du Portugal durant l’été 1916 nous indique qu’il ne faut pas oublier d’invoquer aussi l’Ange gardien de la France, même si nous ne connaissons pas son nom.

L’oublier serait non seulement offensant pour lui, mais nous priverait surtout de ses lumières. Quel dommage ! Qu’avons-nous à craindre à l’invoquer ? Il ne va pas prendre notre place ! Ce que nous avons à faire dans le domaine temporel, il ne le fera pas à notre place : il veut juste éclairer notre intelligence pour nous indiquer la meilleure voie à suivre pour « promouvoir le bien » dans notre pays.

Alors, n’ayons pas de respect humain et, dans toutes nos actions politiques, invoquons saint Michel archange et l’Ange gardien de la France pour qu’ils nous éclairent de leurs lumières.

Ainsi non seulement Dieu créa les anges, non seulement il confia à l’un d’eux le soin de veiller sur la paix dans le monde. Mais il confia aussi à d’autres la tâche de veiller plus particulièrement sur les nations. Tel est le troisième enseignement de Fatima en matière de politique : Dieu se préoccupe des nations.

Dieu fait donc de la politique en quelque sorte ! Est-ce si étonnant ? Dieu aurait créé le monde et Il ne se préoccuperait pas de ce qu’il deviendrait ! C’est impossible : Dieu ne peut qu’être soucieux de l’avenir du monde. Il n’est pas possible qu’Il ait envoyé son fils pour sauver l’humanité pour s’en désintéresser par la suite. En donnant un ange gardien aux nations, Dieu montre qu’il veille continuellement sur le fonctionnement du monde.

Cet enseignement sera le dernier enseignement de nature politique de l’Ange. Ensuite, il reviendra dans le domaine spirituel et lors de sa troisième et dernière apparition, il y restera.

En résumé, l’Ange est venu nous rappeler que les nations ont un ange gardien, et que lui-même a été plus spécialement chargé par Dieu de veiller à la conservation de la paix sur la terre ou de nous aider à la recouvrer si nous l’avons perdue par nos actions malheureuses. Pour cela, il donne un moyen pour y arriver : prier et offrir les sacrifices de notre vie quotidienne pour la conversion des pécheurs. Ce n’est sans doute pas le seul moyen à mettre en œuvre pour rétablir la paix. Mais c’est un moyen trop oublié que Dieu est venu nous rappeler à Fatima. C’est un moyen à la portée de tous. Et puisque c’est le seul rappelé par l’Ange de la Paix, c’est donc le premier à mettre en œuvre.

Mais quels sont les autres moyens ? Patience ! Nous y viendrons. Pour l’instant, rappelons-nous les miracles de Jésus : les deux premières étapes pour décider Dieu à nous venir en aide sont spirituelles (voir chroniques n°1 et 2). Sans elles, pas de miracle ! L’étape spirituelle qui nous est demandée aujourd’hui pour retrouver la paix, c’est un moyen simple qui ne demande ni temps, ni argent, ni organisation politique compliquée : il faut simplement offrir les sacrifices que la vie se charge de mettre sur notre chemin pour la conversion des pécheurs.

Les nations ont donc un ange gardien donné par Dieu pour éclairer les intelligences de ceux qui sont en charge du leur gouvernement. Car, il est nécessaire que les nations « aux volontés si changeantes et si fragiles, soient assistées, dans leur marche vers le ciel, par un des esprits bienheureux à jamais fixé dans le bien », pourrait-on dire à la suite de saint Thomas.

Alors en ce centenaire des apparitions, n’oublions ces paroles de l’Ange : « Je suis l’Ange de la Paix, l’ange gardien du Portugal. Offrez constamment des prières et des sacrifices pour la conversion des pécheurs. De cette façon, vous obtiendrez la paix pour votre pays ».

Demandons à l’ange de la Paix, à saint Michel Archange et à l’Ange gardien de la France de nous éclairer pour bien comprendre tout cela, le mettre en pratique, et ainsi ramener la paix dans notre pays.