Non, il ne suffit pas de lui faire des remontrances, de la sortir du jeu électoral des régionales de décembre, de l’exclure des Républicains, de la tuer médiatiquement : la sorcière Morano doit être brûlée vive ! À mort, la Morano ! Car le crime est monstrueux, insupportable, effrayant : la sorcière a cité le général de Gaulle !

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Que son patron, trois ans plus tôt, provoque le délire d’une salle chauffée à blanc en disant à peu près la même chose que la sorcière, c’était normal : nous étions en période électorale, et Nicolas pouvait tout dire et son contraire, à condition que cela permette de grapiller quelques voix, notamment du côté droit. En revanche, trois ans plus tard, tout a changé : le même Nicolas a souverainement décidé un virage à gauche, moyen considéré comme décisif pour gagner les élections régionales. Il faut donc dire le contraire de ce qui a été dit il y a trois ans. La sorcière ne l’a pas compris : au bûcher !

Le malheureux De Gaulle n’en demandait sûrement pas tant. Quand Nicolas allait pieusement et annuellement se recueillir à Colombey-les-Deux-Églises, le général pouvait penser que ce dernier n’irait pas, un jour, cracher sur sa tombe, pour reprendre l’élégante expression de Boris Vian. Hélas, l’histoire ne cesse d’être cruelle : le recueillement sur une tombe, sous les projecteurs des photographes et des télévisions, ne signifie pas nécessairement que celui qui se recueille adhère aux idées du défunt. Il peut ne s’agir que d’un utile habillage médiatique, à consonance bassement électorale.

 Nadine Morano, elle aussi, est allée se recueillir sur la tombe du général, et a démontré, par un excellent tweet, qu’entre elle et Nicolas Sarkozy, le match de l’authenticité et de la grandeur avait été gagné par elle. Sa formule, qui aurait enthousiasmé le Général, était ciselée : « Je ne suis pas de la race des lâches. » De la sorte, avec finesse et intelligence, elle a confirmé ce que tout le monde, mise à part la caste politico-médiatique, sait bien : les races existent. Elle a également sous-entendu, dans sa belle formule, que le courage n’était sans doute pas la chose la mieux partagée.  

 

François Billot de Lochner

 

 

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