PARIS, [DECRYPTAGE/entretien avec Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les Droits de la Vie] — 23.000 PACS ont été enregistrés en un an. L'institution du mariage est-elle menacée ?

Ces chiffres confirment que le PACS est une revendication minoritaire et parisienne.

Mais il a la portée d'un symbole. Ses promoteurs pensent que la famille, fondée sur la durée et la complémentarité des sexes, est désuète. Nous affirmons au contraire qu'elle est le socle de la cohésion sociale. Le PACS fait croire qu'on peut fonder une famille sans engagement. C'est une illusion, un contrat instable et qui ne peut pas, dans le cas de personnes du même sexe, donner la vie. C'est l'opposé de la famille.

Un sondage montre que 70% des Français sont favorables au PACS mais ne sont pas prêts à accepter, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas, le mariage des homosexuels.

Les Français résistent à la pression pour le mariage homosexuel et surtout l'adoption. Sans doute notre résistance a-t-elle eu le mérite d'alerter sur ces risques. Grâce à l'engagement courageux de 19.000 maires de France, le PACS n'est pas signé en mairie, ce qui limite sa contrefaçon du mariage.

Mais l'après-PACS confirme la fragilisation de la famille. On tente maintenant d'ouvrir un débat sur l'adoption. La manifestation du 31 janvier 1999 demandait que soit reconnu le droit de l'enfant à avoir un père et une mère. Nous disions que le PACS menaçait ce droit, ce que le gouvernement contestait.

Que diriez-vous à deux personnes homosexuelles qui souhaitent adopter un jour un enfant?

Nous comprenons leur désir, qui est celui de tout être humain, d'aimer fidèlement, de donner la vie. Pour autant, il faut avoir le courage de leur dire "non". Ceci pour les respecter. Il y a déjà bien assez de familles en situation précaires pour ne pas en créer d'autres. La priorité doit rester à la protection du droit de l'enfant.