PARIS, [DECRYPTAGE/information] - La jurisprudence Perruche vient de s'appliquer pour la première fois : le Collectif contre l'handiphobie dénonce avec force l'influence désastreuse que la décision de la Cour de cassation vient d'exercer sur la cour d'appel de Bordeaux.

Les parents d'enfants handicapés s'inquiètent de la rapidité avec laquelle l'handiphobie se répand en toute impunité. Confirmer que la vie d'un enfant handicapé est un préjudice est un acte d'une rare violence. L'arrêt Perruche était déjà un scandale. Ne rien faire pour endiguer ces actes est dangereux et irresponsable.

" Comment voulez-vous que "Monsieur Tout le monde" respecte un enfant trisomique ou un aveugle quand les pouvoirs publics, garants de l'ordre social, décident qu'il vaudrait mieux que ces personnes ne soient pas nées ! " s'insurge Xavier Mirabel, porte-parole du Collectif contre l'handiphobie et père d'une petite Anne, trisomique. " Je suis profondément blessé et inquiet parce que la société française confirme son intolérance. Faut-il que toutes les personnes handicapées de France réclament une indemnisation pour leur naissance ? Il n'y a pas de raison pour que seuls les enfants qui ont failli être avortés aient le droit à la compassion de l'État. Le handicap est une épreuve pour tous. Toutes les familles ont le droit d'être aidées financièrement. Mais elles ne veulent ni pitié ni mépris pour leurs enfants. " Cancérologue, Xavier Mirabel " dénonce également l'insupportable pression exercée sur les médecins. "

Le Collectif contre l'handiphobie lance une alerte : en faisant le compte de tous les actes et de tous les propos handiphobes commis sur l'année 2001, on comprend que c'est une véritable révolution sociale qui s'opère. Peu à peu l'État instaure un régime où la personne handicapée n'a plus sa place et devient gênante. C'est un engrenage incontrôlable.

Il devient urgent d'endiguer le racisme génétique. Le Collectif contre l'handiphobie appelle les divers candidats à la présidence de la République, de gauche comme de droite, à faire de ce dossier une priorité sociale. Les familles n'ont pas été entendues des juges, elles en appellent aujourd'hui aux politiques. Il devient évident que légiférer est urgent.