PARIS, [DECRYPTAGE/entretien avec le Dr Xavier Mirabel, porte-parole du Collectif des parents contre l'handiphobie] — La Cour de cassation a donné raison aux parents d'un enfant né à la suite d'une erreur de diagnostic.

Vous vous élevez contre cette " handiphobie ".

L'arrêt " Perruche " prononcé le 17 novembre a indemnisé Nicolas parce qu'il est né handicapé. La justice prétend donc qu'il vaut mieux parfois être mort que vivant et handicapé. La cour affirme que la vie du handicapé est un préjudice.

Le regard porté par ces magistrats sur le handicap et donc sur notre propre enfant nous a profondément blessés. Si un handicapé peut aujourd'hui être indemnisé parce qu'il aurait mieux valu qu'il soit mort, demain tous les handicapés pourront remettre en cause leurs parents et les médecins qui ont permis qu'ils viennent au monde. Nous avons donc cherché comment réagir et éviter les conséquences prévisibles de cet arrêt.

Votre action est-elle exclusivement judiciaire ?

Nous avons assigné l'État pour faute lourde dans l'exercice du service public de la justice. Nous avons aussi déposé une proposition de loi à l'ensemble des parlementaires, afin qu'un arrêt comme celui-ci ne puisse plus être rendu. En quelques jours, nous étions plus de 100 familles à avoir mandaté notre avocat pour agir en notre nom et au nom de nos enfants. Nous ne voulons pas qu'on puisse un jour nous reprocher d'avoir aimé nos enfants handicapés.

Êtes-vous satisfait du retentissement médiatique de votre initiative ?

La presse a été presque unanime à condamner l'arrêt Perruche, de même que la plupart des juristes, médecins et philosophes qui se sont exprimés. Lorsque nous avons lancé le collectif, l'accueil des médias a été excellent. Des contacts ont été pris avec l'ensemble des groupes politiques à l'Assemblée nationale, certains nous ont répondu favorablement et souhaitent nous aider à mener la réforme législative qui s'impose.

Collectif des parents contre l'handiphobie : 06 22 51 63 72