Que c’est beau, ce soudain souci de faire des économies pour combler un tant soit peu le trou de la Sécurité sociale. L’Assurance Maladie a annoncé mardi devant les représentants des pharmaciens qu’elle compte… punir désormais les médecins qui abuseront de la mention « non-substituable » dans leurs prescriptions de médicaments.

De l’ordre dans vos ordonnances, docteurs ! La formule « non substituable » interdit au pharmacien de remplacer le médicament original par un médicament « générique » moins coûteux, mais moins adapté dans certains cas aux malades. En faisant ainsi pression sur les médecins, le gouvernement espère réaliser 10 milliards d’économies dans le secteur de la Santé d’ici 2017.

Toutefois, le premier syndicat de praticiens, la CSMF, estime que l’Assurance Maladie « ne doit pas s’immiscer dans la prescription du médecin ». Economies budgétaires ou efficacité médicale, ce n’est pas forcément la même logique.

Mais il faut bien payer le prix des abus démagogiques hérités des décennies précédentes, et ici on déborde très largement la question des médicaments : arrêts-maladie indus, passe-droits accordés à certaines catégories souvent liées à la Fonction publique, remboursement automatique de l’avortement, « cures » superflues, etc.
Certes, quelques laboratoires pharmaceutiques ont eux-mêmes « forcé la note »sur les prix. Mais aujourd’hui, tant pis, les patients atteints de maladies nécessitant des traitements spécialisés avec des médicaments « hauts-de-gamme » risquent de « trinquer ».

Autrefois, il était déconseillé de guérir « contre l’avis de la Faculté »… Aujourd’hui, sera-t-il sanctionné de vouloir soigner contre l’avis de l’Administration gérant la pénurie héritée d’une longue période de gabegie ? Dorénavant, on arrête le progrès : il coûte trop cher à un pays en faillite. D.L.

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